Dans cette deuxième saison d'Ingénieur en Herbe, Identité en Chantier, nous retrouvons
Léo alors qu'il termine son M1, cursus agronome, en pré-spécialisation BMC.
Léo, au cours de cet entretien, est traversé par plusieurs projets, plusieurs aspirations,
qui nous amènent à poser les questions suivantes.
Comment construire son identité d'ingénieur lorsqu'on poursuit plusieurs projets à la
fois ? Comment articuler des expériences qui semblent si différentes pour construire
un parcours cohérent ?
C'est à ces questions, et bien d'autres, que nous tenterons de répondre.
Nous vous laissons vous immerger dans son propos.
Qu'est-ce que vous retenez de ces derniers mois ? Depuis notre dernière entrevue, vos
difficultés, vos réussites, ou tout autre chose ?
Il s'est passé énormément de choses depuis la dernière fois.
Majoritairement vraiment, je dirais que c'est de l'approfondissement de ce qu'on a déjà
pu évoquer.
J'ai appris énormément de choses, en cours déjà, c'est vraiment ce que j'attendais.
De ma pré-spécialisation en BMC, on a fait énormément de choses dont je n'avais jamais
entendu parler en fait.
Donc j'ai vraiment le sentiment d'avoir acquis des compétences, mais de la connaissance
énormément aussi.
Vraiment, mais plus que ce que je pensais en fait.
Même si on n'a pas eu tant de cours, enfin 5 mois quoi en haut, mais quand même énormément
de connaissances, que ce soit en bioinformatique, donc de l'informatique, moi j'avais jamais
fait vraiment.
Aussi en biologie fondamentale, là en immunologie, cancérologie, toxicologie, qui sont des choses
moi qui m'attirent plutôt pour l'an prochain, puisque là on en fait quand même déjà
cette année.
Et ça déjà, c'est vraiment super.
Aussi, j'ai le sentiment d'avoir plus travaillé, donc je suis content par rapport à l'an dernier
où il y avait des cours qui m'intéressaient moins, donc j'ai travaillé moins.
Et donc là, cette année, vraiment, j'ai pris plaisir à apprendre, puisque c'est vraiment
ce que je voulais faire, donc ça confirme que je ne me suis pas trompé dans mon choix.
Donc ça, je suis très content.
Au-delà des cours, j'ai donc commencé les cours d'aviation.
Ça se passe très bien, ça permet de m'évader un peu aussi des cours et je le fais une à
deux fois par mois, 45 minutes en l'air, et ça c'est super.
Et je trouve tout ça très cohérent, en fait, c'est surtout ça, parce que j'arrive
en tout cas à bien lier les deux parcours.
Par exemple, tout bête, notre CPI portait sur l'étude de la maladie des enfants de
la lune.
Vous connaissez sûrement, c'est ces enfants qui sont, pour vulgariser, on peut dire qu'ils
sont allergiques au soleil, donc ils doivent porter des immenses combinaisons.
Le moindre rayon de soleil crée des mutations graves et des cancers et ils ont une espérance
de vie très faible.
Donc on a pris des cellules de souris qu'on a fait muter pour casser et recréer la maladie
in vitro et tester les rayonnements UV dessus pour voir de quelle manière ça pouvait les
abîmer.
Ça, c'est aussi très cohérent avec ce qu'on rencontre d'une certaine manière
chez les pilotes ou chez les personnels qui travaillent dans les avions, qui sont particulièrement
sujets aux rayonnements UV et qui ont plus de cancers, plus de lésions, et c'est les
mêmes jeunes qui rentrent en jeu, donc les deux parcours peuvent se lier d'une certaine
manière aussi.
C'est ça que j'essaie aussi de construire.
Aussi, la réussite scolaire, puisque j'ai des très bonnes notes cette année, plutôt,
ça va, je suis assez content, enfin j'ai bien réussi.
La réussite du TOIC aussi, c'est bien important.
Et à l'école, il y a toujours des cours un peu plus durs, des ratés, des choses qu'on
n'a pas bien comprises.
Il y a moins de ratés que l'an dernier, par exemple.
J'avais l'impression quand même d'avoir un peu appris des erreurs, ça, c'est pas mal.
Et en quoi la formation et vos apprentissages dans votre prespé ont-ils confirmé vos attentes ?
Moi, j'attendais vraiment de faire des choses variées et complémentaires.
Parce que, je parlais de la bioinformatique tout à l'heure, c'est vraiment une matière
qui vise à traiter les jeux de données qu'on récolte lors des expériences biologiques.
Et j'ai trouvé que le cours était assez sympathique, bien amené.
Donc ça nous a permis d'avoir un panel assez large de compétences, vraiment tourné ingénieur.
Là, je sens bien le côté ingénieur du vivant.
C'est-à-dire que j'ai traité les cellules, on les a fait muter et tout, il y a ce côté
un petit peu ingénieur, d'aller créer quelque chose, c'est ça que j'attendais aussi.
Et puis, j'attendais d'avoir une plus petite promo.
On retrouve presque ce qu'on avait en prépa, ça c'est génial, on a vraiment quatre ou
cinq profs dédiés, même plus avec les ingénialistes qui sont autour, pour très
peu d'étudiants, ça c'est aussi ça que j'attendais.
En fait, on a bien compris que vous étiez en train de prendre des cours de pilotage,
que vous meniez à bien votre formation d'ingénieur, mais qu'en parallèle, vous êtes en prépa
de ce concours Air France, comment ça se passe pour vous ?
Disons que j'ai pu beaucoup préparer ça lors de mon stage en S7 et évidemment, là
le retour à l'agro nécessite plus de travail, plus de cours, j'ai moins bossé ces tests
psychotechniques-là.
Maintenant, je pense que j'ai trouvé une manière de préparer les deux ensemble.
Déjà, il faut le TOEIC pour préparer le concours, donc ça, grâce à l'agro, ça
rendit possible.
Et ensuite, je pense par exemple aux cours de management et communication, qui sont des
compétences un petit peu extérieures aux compétences techniques qu'on fait clairement
de notre spécialisation, mais qui permettent quand même de savoir gérer en équipe, de
se comporter, de communiquer, ça c'est important pour le concours.
Et puis, lors d'un cours de communication management, il y avait un encadrant à qui
j'ai posé des questions, puisque le sujet du cours c'était comment travailler avec
des cons.
C'est quelque chose de très important dans un cockpit, et donc on en a parlé rapidement,
il m'a dit « j'ai un très bon ami qui est pilote de ligne, je vais te donner son
contact.
» Et on a pu échanger comme ça, on s'est appelé pendant 4 heures avec ce pilote-là
pour échanger vraiment autour du métier, pour comprendre la culture d'entreprise,
ce qu'on attend vraiment d'un pilote et tout, et échanger sur mon parcours aussi.
Et donc, ça c'est clairement grâce à l'agro aussi.
Donc, les deux se retrouvent complètement, et c'est continuer de préparer le concours
d'une autre manière, puisqu'en fait on ne prépare pas que les sélections, on prépare
le métier qu'il y a derrière aussi, de continuer à préparer ces sélections-là
grâce au parcours que j'ai actuellement, et je pense que c'est une bonne chose.
Construire son identité d'ingénieur, c'est aussi apprendre à développer de nouvelles
compétences.
Dans les compétences qu'on a particulièrement pu développer déjà, c'est la communication
et le travail en équipe cette année, notamment avec le CPI.
Pour moi, c'est la compétence la plus importante aujourd'hui, pour un ingénieur communiquer
auprès de ses équipes, mais aussi de ses collègues, travailler ensemble.
Par exemple, c'est tout bête, mais dans le CPI, on doit reprendre le travail de quelqu'un
d'autre qui a été arrêté l'après-midi du jour précédent.
On ne sait pas exactement ce qui s'est passé, donc il faut réussir à reprendre ce genre
de compétences, un peu en autonomie aussi.
Ça, c'est des compétences d'ingénieur au-delà de la pré-spécialisation qui, je
pense, s'applique à tout le monde.
Après, vraiment, en biologie, c'est des connaissances, comment fonctionne une PCR
pour séquencer de l'ADN, très technique, mais sinon vraiment des compétences de savoir
être...
À quel point vous vous êtes senti impliqué dans votre formation ?
Bon, impliqué parce que ça me plaisait, ça me plaît ce que je fais.
Impliqué parce que je m'y sens plutôt bien avec les autres autour et avec l'équipe
encadrante.
J'aurais pu être plus impliqué dans la mesure où j'ai un peu aussi la tête ailleurs
pour mes projets futurs qui prennent aussi beaucoup de place, le concours que je prépare,
tout ça.
C'est vrai que parfois, je me dis que j'aurais pu être plus présent.
Parfois, je pense à autre chose, parfois, j'étais un peu ailleurs, parfois, j'avais
l'esprit occupé par autre chose, et parfois, c'est vrai qu'à un certain moment, je me
disais, bon, j'ai hâte aussi d'être en vacances pour pouvoir préparer le concours
d'Air France, faire ce genre de choses plus activement.
Quel concept ou méthode ne connaissez-vous pas auparavant ?
Plein de choses.
Un exemple ?
La bioinformatique.
La nouveauté sur laquelle on n'avait aucune base.
C'est quoi la bioinformatique ?
La bioinformatique, c'est traiter des données issues d'expériences biologiques dans des
proportions gigantesques.
On parle de fichiers qui font des millions de lignes qu'on ne peut pas mettre dans Excel,
on ne peut pas en faire grand-chose à part les mettre sur un serveur très puissant sur
lequel on accède depuis notre ordinateur, on s'y connecte, et traiter le fichier.
On ne peut pas l'ouvrir.
Ça, c'est quelque chose de très nouveau, dont on n'avait jamais parlé, et c'est vraiment
appliqué à la biologie, et c'est de l'informatique, et ça, l'informatique, c'est quelque chose
que je ne connaissais pas et qui me plaît beaucoup parce que je ne suis pas la personne
la plus à droite en TP, je suis un peu maladroit, et là, c'était l'occasion de faire de la
biologie en étant ailleurs, sur un ordinateur, et je me suis senti plus à l'aise.
Et puis, c'est très logique, alors c'est dur, mais tout s'enchaîne très logiquement,
et ça, j'aime bien.
Qu'est-ce que vous avez appris et que vous pourriez transmettre ces derniers mois ?
Je pense surtout aux cours qu'on a en ce moment d'immunologie, de toxicologie, qui
sont des matières dont on entend beaucoup parler au quotidien, tout le monde, on pense
à la pollution de cadmium, au microplastique, et aux maladies, en fait, une chose que tout
le monde connaît.
Quand j'en parle à mes parents ou qu'ils me disent des choses, je suis maintenant capable
de leur expliquer concrètement comment le foie va transformer le paracétamol qu'on
prend, par exemple.
C'est des choses assez concrètes, et je n'avais pas les compétences avant pour l'expliquer
clairement ou le vulgariser, et maintenant qu'on a mieux compris, alors on n'est pas
experts du tout, mais quand même, on a quelques bases maintenant.
Construire son identité d'ingénieur, c'est aussi apprendre à comprendre son métier.
Ça serait quoi le rôle d'un ingénieur agro ?
Déjà, c'est extrêmement varié.
Pour moi, en biologie, biologie de santé, ce qu'on fait nous, ça va vraiment tourner
autour de l'organisation d'équipes, de projets, de la recherche, mais dans tous les
cas, le point commun, c'est que ça manipule toujours du vivant à toutes les échelles
différentes, et que tout est en interaction, c'est-à-dire qu'on peut travailler aussi
bien sur l'impact des pesticides que sur le génome des vaches pour faire de la sélection
naturelle.
Je dis des bêtises, mais c'est possible.
On va plutôt être du côté de la production animale, mais on peut pareil pour la production
végétale, et aussi pareil pour l'environnement, il y a des milliards de choses qu'on peut
faire en fait, et tout dépend du sujet, mais on est en tout cas capable d'être en interaction
avec toutes les autres matières, et puis surtout gérer des équipes, gérer des projets, de
la recherche.
Construire son identité d'ingénieur, c'est aussi apprendre à choisir une direction.
Après cette année, quel sujet vous souhaiteriez approfondir dans le futur ?
Alors moi, c'est vraiment l'oncologie, la cancérologie, c'est ce que j'espère pouvoir
choisir en spécialisation dans le prochain, assez logiquement, c'est vraiment cette matière
qui me donne envie, parce que ça touche à la santé humaine, parce que je n'y connais
rien, et c'est un sujet qui me touche, et qui va toucher beaucoup de monde aussi, qui
a un impact important, et qui me fait me sentir particulièrement utile en tout cas.
C'est un sujet où j'ai l'impression d'apprendre vraiment des choses qui peuvent servir concrètement,
même si dans le reste du temps, j'apprends aussi des choses qui servent concrètement.
Vous avez commencé à y répondre, mais quelles sont vos perspectives pour l'année prochaine,
vos enjeux, vos attentes ?
C'est quelque chose qui m'angoisse un peu l'année prochaine, puisque je suis un peu
dans l'inconnu, ça va être la fin des études, donc la fin d'un parcours qui a commencé
quand j'avais 3 ans, quand je suis rentré à l'école d'une certaine manière, je sais
que moi je ne me sens pas du tout prêt à être sur le marché du travail, comme on
dit.
Presque, je ne me sens pas légitime, et j'en ai parlé avec beaucoup à côté, c'est un
peu trop tôt, alors que paradoxalement, on a fait des études assez longues quand même.
En fait, on a beaucoup de compétences théoriques, mais peu de compétences du monde de l'entreprise.
Bon, ça, il y aura un stage de fin d'études, évidemment, les stages en exploitation agricole,
on en a fait un l'an dernier, mais c'est vraiment une entreprise particulière qui
ne s'applique pas vraiment à l'aspect que je fais.
Et puis, il y a aussi les inconnus du concours que je passe, et ça changera beaucoup de
choses.
Le fait que je le réussisse ou pas, c'est un peu l'inconnu pour l'an prochain.
Et mes attentes, c'est de me plaire dans les cours, même ça, je pense qu'il n'y aura
pas de soucis.
Et puis, il faut vraiment que je trouve de quoi faire après.
Moi, j'aurais bien aimé peut-être continuer à faire un autre master à côté, je ne
sais pas trop.
Peut-être c'est une manière de gagner du temps aussi.
Entre cette fin d'année et l'année dernière, qu'est-ce qui a changé ?
Les cinq mois passés en stage S7, moi, ça a complètement changé.
Parce qu'en fait, il y a beaucoup de choses qui ont changé.
Et en même temps, c'est vraiment très dans la continuité, à la grosse, ça qui est
bien.
Moi, la chose que je retiens, c'est qu'on grandit, et c'est hyper bateau, mais c'est
vrai.
Dans le sens où, en fait, ça y est, là, on se spécialise vraiment, toute ma vie,
on m'a toujours dit, tu verras plus tard, tu te spécialiseras plus tard, plus tard,
plus tard.
Et c'est tout le temps plus tard.
Et là, on y est, le plus tard.
On fait vraiment des choses hyper spécialisées et tout.
Et enfin, j'ai plus l'impression de faire ce qui me plaît directement, non pas que
ça ne me plaisait pas, ce que je faisais dans l'alcool, mais c'était moins méçant
de l'intérêt.
Là, j'ai vraiment l'impression d'être là où je voulais être, c'est pourquoi
je suis venu à l'agro.
Et puis, c'est dur parce que chaque fois, je dis que je sais ce que je veux faire plus
tard.
Ça y est, j'ai enfin trouvé.
Et puis, en fait, j'ai encore changé.
Là, je pense que d'être parti dans une voie qui est la voie que je voulais faire
depuis toujours.
Donc, ça me parle.
J'ai l'impression de construire un parcours cohérent qui me plaît, qui me fait me sentir
bien.
Construire son identité ingénieure, c'est aussi apprendre à trouver son équilibre.
Quel équilibre vous avez mis en place entre votre vie privée et vie scolaire ?
C'est vrai qu'avec mes collègues ou ma copine, par exemple, on était dans la même
spécialisation.
Ce qui fait qu'effectivement, la frontière entre les cours et la vie privée est quasiment
inexistante puisque le week-end, on révise les cours ensemble.
Alors ça, c'est un vrai plus.
Par contre, il y a aussi l'aspect négatif, c'est les notes, on a plus tendance à se
comparer.
Après, les projets aussi, qui peuvent être plus prenants puisqu'à la maison, on ramène
les projets.
Puis comme on est ensemble, on va continuer à les faire, alors que si on avait été
en projet avec un étudiant qui ne vit pas avec nous, on aurait eu plus tendance à
réclaire.
On se voit mercredi.
Pour le faire, on cale un créneau.
Alors que là, il n'y a pas vraiment de créneau.
Ça, c'est un aspect négatif.
Mais très globalement, ça a tout le temps un aspect positif.
Déjà, moi, ma vie privée, je trouve parler des cours de privétage, c'est un très bon
exemple.
Je trouve un bon équilibre pour l'instant entre les deux, ça qui permet de m'évader
des cours à l'agro puis inversement.
Musique, sport ?
Musique.
Beaucoup de musique avec mes amis.
Sport, malheureusement, peu cette année.
C'était un objectif à faire, il a raté cette année.
Ce n'est pas grave.
Cet été, j'espère en faire un peu, mais tout seul.
Construire son identité d'ingénieur, c'est aussi apprendre à s'engager.
Est-ce que vous retenez une compétence technique transversale ou scientifique ?
Ce qui est un petit peu transversal, c'est vraiment la rigueur scientifique.
Que ce soit, premièrement, dans les manipulations, ne pas être trop maladroit.
C'est une chose.
Mais surtout, la rigueur dans la rédaction, dans l'analyse de données en stat.
Vraiment, la rédaction aussi des articles, c'est quelque chose qu'on apprend vraiment
plus ces années-là.
Puisque c'est vrai qu'en TP au lycée, on avait tendance à...
Faut pas que c'est moins sérieux, mais c'est moins important d'être parfaitement rigoureux.
Là, le rapport de stage lycéen, il faut être absolument rigoureux dans ce qu'on raconte
et pas surinterpréter.
Bien traiter les données, puisqu'on peut faire dire tout ce qu'on veut aux données.
Globalement, c'est ça qu'on apprend un peu.
On a eu des cours d'analyse d'images scientifiques.
Le partiel, c'était justement d'analyser un article un peu frauduleux qui avait été
envoyé à la relecture début du mois de février, puis accepté 15 jours plus tard.
C'était quand même quelque chose d'étrange.
C'était n'importe quoi.
Et donc, c'est ce sens de la rigueur qui est une compétence qu'on a partout, peu
importe la matière, qu'on développe vraiment plus ces années-là.
En tant qu'élu étudiant au CA et au CE, on a été invités, un certain nombre d'entre
nous, à participer au comité de direction, une session sur toute l'année, qui avait
pour but d'échanger sur les principaux chantiers de l'école pour 2030.
D'identifier les points à améliorer, les points à changer.
Et c'était l'occasion de donner la parole aux étudiants pour qu'ils puissent apporter
leur point de vue.
On a accepté de participer, il y avait Lou aussi.
On était un peu perplexes, un peu inquiets au début.
On se demandait concrètement à quoi ça allait servir, si on était vraiment légitimes,
etc.
Et puis finalement, je pense qu'on y a trouvé tout à fait notre place.
On a été agréablement surpris d'être très écoutés, d'avoir vraiment place à
la parole, et même plus que les adultes qui étaient là sinon.
On a pu identifier plusieurs chantiers qui nous semblaient vraiment importants, que
ce soit au niveau de la communication, de l'accueil des élèves.
Notamment sur la rentrée, je pense que c'est important qu'il y ait des étudiants, puisqu'on
l'a vécu nous concrètement.
Les étudiants, c'est nous qu'on accueille.
Et je pense qu'on a proposé pas mal de nouvelles idées qui permettent, je ne sais pas si c'est
très pertinent, mais en tout cas d'améliorer cette rentrée, ou de la rendre plus interactive
et plus engageante pour les étudiants, qui soient moins spectateurs de ce qu'on leur
raconte.
Je pense que c'est un enjeu qui est important, parce que pour aimer et comprendre une école,
il faut être acteur de ça.
Et moi je me souviens de cette journée où on a tous les services et tous les profs de
l'ADV ou de l'ADSI qui viennent nous parler.
On ne comprend rien.
On a toute une matinée où les gens enchaînent leurs diapos, on ne connaît personne encore
autour de nous.
Moi j'avais pensé à une idée qui mérite d'être travaillée, mais qui permette peut-être
d'être, de rencontrer du monde, d'autres étudiants, en travaillant à la compréhension
de l'école.
Donc par exemple sur son histoire, quel est le petit groupe de travail.
Ça c'est à travailler.
Et l'autre sujet sur lequel j'ai pas mal embêté M. Romain Janté, c'est les cours
d'étudiants italiens.
Puisqu'il y a eu une, je sais pas comment on peut appeler ça, une direction énoncée
de la part de l'école d'externaliser les cours de langue à la rentrée, non pas prochaine,
mais suivante.
Et c'est quelque chose sur lequel nous on a été très étonnés, puisque les classes
italiennes sont remplies, à ras bord et tout.
On pensait que c'était une énorme bêtise.
Et on s'est bien battus, bien mobilisés, et finalement il semblerait que pour l'instant
ils étaient rétro-pédalés.
Et donc c'est très agréable de s'en tirer à côté.
Et finalement avec Lou aussi, et les autres étudiants bien sûr.
Mais c'est bien en tout cas de voir que concrètement on est vraiment écoutés et
qu'on n'est pas là que pour faire, je le lis sur le papier, à dire c'est bon on a
invité des étudiants, c'est bien, ça fait une belle com, mais là c'est pas du tout
ça.
C'était pas du tout l'objectif.
Je me souviens de tous les autres étudiants qui me disaient non mais c'est mort, arrêtez.
Et finalement on n'a pas arrêté.
Et finalement on a eu raison.
Ça fait partie des grosses choses sur lesquelles je suis content pour cette année.
Et c'est aussi les choses qui vont me faire me dire que l'agro va me manquer, une fois
que je serai parti.
Puisque c'est quand même un cadre très agréable l'agro.
Franchement on s'y sent bien, on est tous bien, tous un peu à l'aise, c'est agréable
quoi.
Je pense que par rapport à ce qui va nous attendre après, c'est calme avant la tempête
presque.
Nous laissons Léo repartir dans sa vie, le temps d'un été, avant de revenir pour
sa troisième et dernière année à l'Institut agro Rennes-Angers.
Léo nous raconte avant tout l'articulation de différents projets, entre agronomie et
concourir France, formation et engagement, projet personnel et engagement collectif.
Bref, il revêt de multiples identités, étudiant, futur ingénieur, élu étudiant.
Mais en quoi les différentes expériences à venir l'aideront à faire des choix,
et qu'aura-t-il appris ?
Et vous qui nous écoutez, en quoi ce propos fait-il écho avec vos propres parcours, qu'ils
soient professionnels ou personnels ?
En attendant, rendez-vous dans notre prochain épisode, où les parcours se façonnent et
les esprits s'affûtent.