Dans cette deuxième saison d'Ingénieurs en Herbe, Identité en Chantier, nous retrouvons
dans un second épisode Astrid, étudiante en cursus Horticulture et Paysage.
Elle s'est engagée ces deux dernières années dans l'organisation de l'Expo Flow à Angers
qui a eu lieu en mars 2026.
Souvenez-vous, il s'agit d'un événement où se mêlent différents regards créatifs,
ludiques et scientifiques autour de l'horticulture et du paysage.
Astrid, dans ce cadre, était responsable des relations extérieures et chargée avec
d'autres collègues d'organiser et d'accueillir plus de 5000 visiteurs sur trois jours.
L'Expo Flow étant passée, nous revenons avec elle sur l'expérience vécue.
En effet, nous nous posons les questions suivantes.
Qu'est-ce qui lui en reste quelques mois plus tard ? Qu'est-ce qui a changé pour elle ?
Qu'est-ce qu'elle a appris ? Et comment se projette-t-elle dans le monde professionnel
après cette expérience ?
A partir de ce questionnement, nous cherchons à comprendre en quoi cette expérience est-elle
formatrice.
Nous vous laissons vous immerger dans son propos.
Donc, on s'est vus il y a à peu près trois mois.
Vous étiez en pleine préparation de l'Expo Flow à ce moment-là.
L'Expo Flow est passé par là.
Comme ça, sans trop réfléchir, qu'est-ce qui vous en reste spontanément ?
La joie de l'humain.
Il y a eu beaucoup de belles relations et de belles découvertes pendant l'Expo Flow.
Peut-être du soulagement que ça se soit bien passé aussi.
Et le fait de se dire que le thème « Viens, on s'aime » était super adapté pour cette édition
parce que c'était gentil, les gens étaient heureux, on s'entraidait.
Il y a eu des moments durs, bien sûr, notamment dû à la fatigue.
Et en même temps, tellement de bonheur parce qu'on a réussi à faire quelque chose d'incroyable
et il y a eu de l'entraide.
Oui, c'était toujours bienveillant.
Et du coup, ça a beaucoup porté, je pense.
Astrid, qu'est-ce qui a été le plus marquant, sans réfléchir ?
La semaine de montage, peut-être.
C'est ça que je retiens beaucoup.
J'ai bien aimé aussi l'inauguration parce que c'était quelque chose sur lequel on a travaillé
et en fait, on était vraiment, on va dire, au centre de l'inauguration
parce que c'était vraiment notre secteur qui avait tout organisé.
Et de voir que ça s'était super bien passé, qu'on a eu plein de retours positifs.
Et je dirais aussi la cérémonie de clôture.
C'était un vrai moment d'émotion.
Enfin, il y avait plein de gens qui étaient là à assister à quelque chose
où on rendait hommage à l'Expo Flo.
En même temps, on valorisait notre travail.
On valorisait des compétences de l'école parce que pendant la cérémonie de clôture,
il y a eu un orchestre, il y a eu un défilé extérieur.
De voir les talents de l'école, c'était super chouette.
Parfois, on prend un peu des commentaires en pleine face
parce qu'il y en a qui ont forcément des choses à redire sur l'organisation.
Donc, ce n'est pas anodin et en même temps, c'est complètement normal.
Tout le monde ne s'y retrouve pas dedans.
Parfois, on comprend qu'on fait des erreurs.
Même avec le recul, moi, je me rends compte personnellement, sans qu'on me l'ait dit,
mais que j'ai dû faire des erreurs ou qu'il y avait des moments où ce n'était pas tout à fait ça.
Mais c'est une expérience qui est fondatrice.
A posteriori, quand l'Expo a été finie, je me suis dit, là, c'est deux ans qui s'achèvent.
C'était frustrant en même temps parce qu'il y a eu deux ans de préparation
et en fait, une semaine de montage et trois jours.
Trois jours, en fait, c'est rien.
L'Expo Flo en tant que tel, l'exposition avec les visiteurs,
c'est vraiment 10% peut-être de tout le projet.
On est très content que ça ait plu aux gens.
Forcément, c'est le but, mais derrière, pour nous, c'est bien plus que ça.
Et il y avait peut-être aussi justement cette frustration
de se dire que les gens qui visitaient ne se rendaient pas compte de tout le travail qu'il y avait derrière.
Enfin, moi, je me rends compte vis-à-vis même de mes parents.
Mes parents sont passés rapidement à l'Expo.
Ils sont passés un jour, même pas.
Et en fait, j'avais envie de leur montrer quand même
que c'était un projet sur lequel je m'étais investie.
Justement, ce que j'ai bien aimé aussi, c'était la complémentarité entre Félix et moi
parce que je pense qu'on avait un caractère très différent.
En même temps, on est assez bosseurs et puis on avait envie de s'investir pour ce projet.
Et on avait quand même le même objectif.
Donc, c'était assez amusant de voir qu'avec des qualités différentes
qui étaient assez complémentaires, on est arrivé à faire quelque chose dont on était fiers tous les deux.
Je pense que ça aussi, ça m'a beaucoup marqué.
La fierté à la fin d'arriver à un projet.
Et je sais qu'avec Félix, on était trop contents.
Et on se félicitait tous les deux d'avoir réussi à faire quelque chose qui nous a plu
et qui était à notre image.
On parlait du collectif, de la bienveillance du collectif.
Entre le début de l'Expo Flow et maintenant, en quoi votre perception des autres a-t-elle changé ?
Déjà, le fait de percevoir que le CA, en fait, ça forme quand même un gros groupe
et le fait de vivre cet Expo Flow ensemble, ça nous a quand même beaucoup rapprochés.
Même si, là, on se voit moins, donc c'est normal aussi.
Mais je pense qu'il y a quand même ce collectif du CA, au sein du CA d'abord,
où on se dit qu'on a travaillé ensemble pendant deux ans
et que ça a été une aventure formidable et que ça nous a quand même vraiment porté.
Et le collectif, je dirais, à l'échelle de l'école,
au début, chacun formait un peu son secteur, de son côté, etc.
Et puis finalement, pendant l'Expo Flow, de se rendre compte que sans les autres, on n'y arrivait pas.
Que chacun avait sa place.
Tout ce que faisait une personne, en fait, apportait énormément à l'Expo, quoi.
On n'aurait jamais pu gérer le CA tout seul.
On n'aurait jamais pu gérer les chefs de secteur.
Juste notre secteur, on avait besoin de nos équipes.
Donc ça, c'était incroyable de voir que chacun avait sa place, chacun trouvait sa place
et que c'est en collectif que ça marchait.
Aujourd'hui, vous avez changé, en fait, Astrid.
Est-ce que vous êtes capable d'écrire ces changements ?
Oui, vraiment la confiance en soi.
Même si je sais que je manque encore, malgré tout.
Même le fait de prendre ma place au sein de la promo, aussi.
Je ne sais pas si j'aurais aussi bien de prendre ma place au sein de ma promotion
que si je n'y avais pas fait partie de l'Expo.
Ça me permettait de m'investir au sein de l'école.
Et à quel point j'ai changé ?
Mieux connaître le monde professionnel, aussi.
Ça, quand même, ça aide.
Parce que, justement, on est amené à côtoyer pas que des étudiants.
Ça, j'ai trouvé ça super.
Pour ça, le secteur relax, il est intéressant.
Ça permet de toucher un peu à tout.
Je pense que j'ai grandi, aussi, dans ma conversation, peut-être aussi.
J'ai peut-être plus de vocabulaire, plus de connaissances
qui me permettent d'être légitime, de parler de certaines choses.
Mais, par exemple, je sais que j'ai pris beaucoup de plaisir
à discuter avec le parrain de l'association.
C'était super de pouvoir échanger avec lui et de parler,
de montrer aussi que j'avais des connaissances, que j'étais curieuse.
Je pense que ça m'a fait quand même développer une certaine curiosité
et une ouverture d'esprit sur certains aspects.
Peut-être un peu de l'esprit critique, mais ça, je ne m'en rends peut-être pas compte.
Ce n'est pas encore trop l'exacerbation de l'esprit critique.
C'est dur de se regarder deux ans en avant et de se dire ce qui a changé.
Qu'est-ce qui vous a manqué, qui a été compliqué à certains moments,
qui vous a mis dans des zones pas toujours très confortables ?
La communication, peut-être.
Il y a des moments, je pense, dans l'année,
quand il fallait prévoir des choses,
que je recevais des messages et que je n'avais pas envie d'y répondre tout de suite.
Et du coup, je laissais peut-être un peu traîner.
Du coup, la communication, peut-être la réactivité.
J'allais dire peut-être aussi le fait de parfois trop m'adapter au point de vue des gens.
Du coup, soit de ne pas assez m'affirmer,
soit du coup de changer de discours un peu comme deux chemises,
dans le sens où je côtoyais une personne qui me disait ses arguments que je trouvais justes
et que du coup, j'appuyais et j'avais tendance à me dire
« ah bah du coup, l'autre côté n'est pas bon ».
Et en même temps, l'autre point de vue était développé par une certaine personne
qui avait des arguments tout aussi justes.
Et du coup, de ne pas assez réussir à prendre des décisions,
à avoir mon propre avis et à développer un avis critique.
Je pense qu'il y a encore le développement de l'avis critique qui fait défaut,
où je n'ai peut-être pas assez mes propres idées,
où je n'arrive pas à peut-être arriver à une idée aboutie, constructive.
Si c'était à refaire, qu'est-ce que vous changeriez ?
L'anticipation, je pense, de certaines choses.
Peut-être la façon de gérer, de suivre certains projets.
Peut-être la façon d'organiser les conférences,
enfin ça c'est quelque chose vis-à-vis des repreneurs,
où ils ont un travail à faire sur l'organisation des conférences,
combien est-ce qu'on en met, quelle durée, comment est-ce que ça s'enchaîne.
Il y a eu des moments un peu de stress parfois pour enchaîner certaines conférences.
Peut-être mieux suivre aussi les projets de conception des zones,
parce que je n'ai pas vraiment conçu les zones avec les élèves,
et peut-être que ça m'aurait plu.
Je ne me rends pas trop compte.
Faire venir un peu moins de gens de l'extérieur,
ça n'a beaucoup apporté,
et en même temps, ça fait quand même du boulot à gérer en plus.
Quelles seraient vos compétences ?
Je pense que j'ai appris vraiment le relationnel.
Ça m'a permis de m'ouvrir et de prendre confiance en moi.
Ce que j'ai particulièrement aimé, par exemple,
c'était la prise de parole en public à l'occasion des conférences.
Ça, j'ai adoré.
Et le fait de pouvoir être en relation avec les conférenciers,
ça me permettait de mettre un pied dans le monde professionnel,
et un peu un monde adulte quand même,
parce qu'au début, on ne se sent pas trop légitime de les interroger,
de leur donner des...
pas des ordres, mais on leur donne quand même des consignes
pour que la conférence se passe bien.
Et en fait, ils nous font confiance aussi en tant qu'élèves,
ils nous reconnaissent à notre juste valeur,
et ça, je trouve ça super.
Autrement, je pense de la confiance en moi-même aussi.
Justement, le fait d'animer les conférences,
ça me permettait de prendre confiance en moi
vis-à-vis des conférenciers, mais vis-à-vis du public.
Donc, la confiance en moi, le relationnel, l'organisation quand même.
Enfin, j'étais déjà assez organisée,
mais je pense que ça m'a quand même poussée à encore mieux m'organiser.
Prendre sur moi aussi,
je reviens à ce que j'avais dit, peut-être la dernière fois,
mais l'optimisme, parce que pendant la semaine de montage notamment,
il y a eu beaucoup de moments où on était fatigué.
En tant que chef de secteur,
il y avait un peu ce devoir d'être à la hauteur.
Toutefois, il fallait que je reconnaisse mes faiblesses
parce que je ne suis pas surhumaine
et que forcément, moi aussi, j'étais fatiguée.
Mais j'ai réussi, je pense, à faire confiance
à la façon dont les choses s'enchaînaient, et ça l'a fait.
Du coup, c'est chouette aussi de voir ça.
En quoi de vivre cette expo,
Flo est-elle formatrice et source d'apprentissage ?
Parce que c'est un projet de groupe.
Je regarde toujours en collectif, j'ai l'impression.
OK, c'est un projet de groupe.
C'est un projet qui est complémentaire de la formation,
où on développe des compétences autres,
peut-être plus techniques,
mais aussi dans le relationnel, là où avec l'école,
c'est plus des compétences d'apprentissage de travail,
des méthodes de travail, mais aussi des compétences académiques.
Et il y a la prise de responsabilité,
parce que quand je vois que, par exemple, au bureau,
ils font de l'ARH, ils font de la tréso,
du coup, ils gèrent des comptes.
Je me dis, ils étaient en relation avec la banque,
ça me paraissait assez dingue de se dire,
ben voilà, on est étudiant et en fait,
oui, on grandit et c'est ce qui nous attend derrière aussi.
Donc, c'est chouette de pouvoir mettre un pied dans ce monde d'adulte,
un pied un peu informel, parce qu'on est quand même entre nous.
Malgré tout, on côtoie des gens extérieurs, je pense que c'est ça.
De pouvoir mettre un pied dans le monde d'adulte
et de le vivre par nous-mêmes, pas juste en théorique.
C'est quoi les compétences de l'ingénieur qui sont mises en œuvre, selon vous ?
Faire face à des problèmes et trouver des solutions.
Pour moi, ça, c'est un peu la définition de l'ingénieur,
mais en fait, on s'en rend compte vraiment.
Quand on doit faire un projet, oui, il y a toujours des problèmes.
Et ça, j'avais bien aimé aussi, dans un cours,
un intervenant qui était venu et qui avait dit,
mais c'est ça aussi qui fait qu'on se lève le matin,
c'est que quand on fait un projet et qu'il y a des obstacles,
ah ben génial, ma journée, je vais essayer de trouver une solution
pour contourner l'obstacle ou pour faire avancer le truc.
Et de se dire, ben moi, je peux arriver avec mes solutions
parce que j'ai un avis, parce que j'ai un bagage derrière
que les autres n'ont pas forcément.
Et peut-être que mon avis va apporter aux autres.
Et là-dessus, je pense que justement, moi, sur le relationnel,
j'ai pas mal apporté aussi, même vis-à-vis des autres gens du CA.
Pendant la semaine de montage, on s'entraide, on se soutient,
on se dit quand ça ne va pas.
Et je reviens à ma question initiale, les compétences de l'ingénieur.
Est-ce que ça, ça se transforme à l'ingénieur ?
Oui, parce qu'un ingénieur, s'il est amené à manager des équipes,
il faut aussi qu'il soit humain.
Je pense que c'est important de ne pas toujours être dans le profit,
dans l'objectif du travail, même s'il y a toujours l'objectif derrière,
mais pas mettre la pression non plus à ces équipes.
Essayer d'arriver à trouver un juste milieu entre le travail,
l'objectif qu'il y a derrière, le projet.
Et en même temps, garder à l'esprit que tout le monde est humain
et qu'il faut faire face aux difficultés de chacun,
à l'histoire qu'ils ont derrière aussi,
et qu'il faut s'adapter aussi au caractère de chacun.
Alors peut-être en dehors des compétences,
mais juste le plaisir de me dire, par exemple pendant les conférences,
que j'ai appris des choses, même d'un point de vue scientifique.
Et ça, c'était aussi super de me dire que j'aimais bien cette curiosité,
parce qu'on a exploré plein de thèmes différents
et que c'était hyper intéressant de creuser un petit peu avec des gens qui s'y connaissent.
Donc côtoyer les gens qui sont calés sur des sujets qui amènent de la curiosité.
En quoi Astrid a-t-elle participé à cette construction du collectif ?
Peut-être en essayant de faire le lien entre les élèves.
Pendant cette expo, pendant en tout cas la semaine de montage,
par exemple à découvrir un peu les Allemands, les Rennes,
en les encourageant, même au sein de mes équipes d'Angers,
en disant « Allez, ça va le faire, on y va »,
et de voir la progression, de dire « Ah bah c'est super ce que vous faites, continuez comme ça ».
Je pense que ça a apporté,
et que c'est ce qui a fait aussi qu'à la fin de l'expo, on était très heureux ensemble.
On ne se connaissait pas au début, et à la fin, on a partagé quand même un moment de bonheur.
Je sais que les Allemands, ils ont attendu que je revienne dans une salle,
qu'on essaie de se retrouver avant de partir, pour me dire au revoir.
C'était assez fou, je ne les connaissais pas avant,
et il y avait une vraie gratitude de leur part.
Pareil pour les Rennes.
Pour les Angevins, je sais qu'on avait deux super susus,
donc c'était des susus des élèves qui n'étaient que dans notre secteur de relations extérieures.
Et je les ai beaucoup aidés à faire la salle, les salles des partenaires.
Je pense que ça a beaucoup apporté, parce qu'à deux, ils n'auraient peut-être pas réussi à s'en sortir.
Tout en agissant à mon échelle, parce qu'ils avaient des compétences que moi je n'avais pas,
et que j'ai appris à développer aussi, comme ça.
Quoi ça projette dans le monde professionnel, ou dans l'avenir ?
Je pense que ça projette parce que les conférenciers, un jour, ce sera en tant qu'humains,
en tant que professionnels, pas forcément en tant que conférenciers, mais dans leur métier en tout cas,
c'est des gens qu'on va être amenés à côtoyer.
Donc déjà, prendre part à des discussions avec eux, ça permet de se projeter.
Par exemple, je cherchais mon stage de L3 et je l'ai trouvé grâce à un conférencier de l'Expo Flow.
J'ai osé lui demander s'il prenait des stagiaires, il m'a dit que oui.
Voilà, c'est quelqu'un que je vais côtoyer.
Et je pense aussi que c'est bien parce que ces conférenciers, justement,
ce sont des gens qui nous ont vus dans un statut un peu différent de celui d'étudiant.
Donc ça leur permet aussi de voir comment est-ce qu'on se comporte, nous, dans le monde professionnel,
dans une situation un peu sérieuse où il y a un travail derrière,
où on a besoin d'accomplir quelque chose, d'avoir un projet ensemble.
Donc ça leur permet de voir comment est-ce qu'on se comporte et peut-être d'en dégager des qualités
que nous, on ne voit même pas forcément.
Parmi tout ce que vous avez appris aujourd'hui,
quel est le plus réutilisé demain selon vous ?
L'organisation et le social.
Qu'est-ce que vous dites que vous allez réutiliser ?
Ce serait quoi votre envie ?
Mon envie, parvenir à travailler avec des gens qui me poussent au meilleur,
qui m'apportent par leurs compétences et par leurs connaissances,
qui font me dire « ah, je suis à la bonne place aussi en étant dans cette école »,
de trouver un peu ma juste place avec les autres,
de travailler ensemble pour arriver à quelque chose de concret.
Parce que là, typiquement, pour mon stage,
je vais travailler sur un peu la résilience de jeunes plants forestiers face au stress mécanique du haut vent.
Donc concrètement, en fait, ça va être tester l'effet du vent sur la croissance des plantes,
et notamment des plants forestiers.
Et de me dire, à la fin, j'arrive à une solution,
j'arrive à tirer des conclusions de ce que je fais,
d'avoir vraiment un objectif derrière aussi.
Je pense que c'est ce qui m'intéresse le plus, ce dont j'ai le plus envie,
d'approfondir mes connaissances et de rencontrer de nouvelles personnes.
C'était vraiment du positif de se dire « on ne se connaît pas,
mais en fait, il y a moyen d'en apprendre beaucoup des autres ».
Par exemple, avec les Allemands, je sais que j'avais bien aimé parler anglais.
Ce ne sera sans doute pas le cas pour mon stage,
mais de se dire que la langue n'est pas une barrière pour découvrir un peu les gens.
Moi, j'aimerais bien savoir ce qu'Astrid peut amener à un collectif
quand elle va rentrer dans cette entreprise.
J'aimerais amener de la joie de vivre, un peu de spontanéité,
parce que c'est quelque chose que je n'ai peut-être pas non plus.
J'ai peut-être appris à développer plus avec l'expo, la spontanéité.
Ça aussi, ça peut être une compétence, je ne sais pas.
De l'intérêt aussi, vraiment amener ma pierre,
que ce soit en termes de connaissances, mais aussi de relations sociales.
Que je sois pour les gens à la fois une collègue qui apporte des éclairages,
me sentir un peu indispensable, peut-être ?
J'allais dire me sentir un peu indispensable d'apporter des connaissances en tant que telles,
des connaissances scientifiques, littéraires, que sais-je,
et d'apporter en même temps quelque chose de très humain.
Que les gens se disent, si j'ai envie, je peux venir me confier à elle.
Si j'ai besoin, elle pourra m'écouter.
Peut-être avoir envie d'être une personne qui soit disponible
pour être à l'écoute des autres.
J'aime bien ce côté un peu oreille attentive, j'allais dire.
Ça me permet non seulement d'en apprendre plus sur les gens,
mais peut-être aussi d'apprendre par-delà sur moi-même, malgré tout.
Mieux comprendre certaines expériences humaines
pour arriver à une approche un peu...
à multiples avis, multiples histoires, je sais pas trop comment le dire.
En quoi ce que vous êtes en train de me dire est important dans le cadre professionnel,
dans votre projection professionnelle, dans votre vision du monde professionnel ?
Justement, comme ça, j'aurais pas tant soin de dire que c'est important.
Peut-être parce que je considère le monde professionnel plus comme...
On a un travail, il faut qu'on réussisse, qu'on aboutisse à des résultats.
Et du coup, là, je remobilise un peu trop la partie de moi qui est scolaire.
Il y a un peu de part de moi, je pense, là-dessus aussi.
C'est le moi assez scolaire qui a envie d'aboutir à des résultats,
que ce soit dans les notes, dans des résultats scientifiques.
Et la part de moi qui me dit, soit plus spontanée et soit un peu plus peut-être optimiste.
Et je pense que ça aussi, l'Expo m'a fait développer ça.
Plus cette part sociale, optimiste, spontanée.
Et justement, dans le monde professionnel, dans la projection que j'ai,
sans doute à tort, mais de me dire que j'ai presque trop tendance à le voir
pas comme un monde de bisounours où, en fait, on a des collègues derrière et que c'est humain.
J'ai peut-être trop tendance à le voir comme quelque chose d'hyper cadré.
Enfin, le monde professionnel, même le terme professionnel, je trouve que ça fait très sérieux.
Et du coup, qu'on le voit vraiment comme...
Il faut du rendement, il faut des résultats, il faut arriver à un travail abouti.
Et c'est peut-être ça qui me fait dire que, ah, ça ne me tente pas trop.
Et en même temps, justement, l'Expo m'a montré peut-être que ce n'est pas que ça.
Il y a un travail sérieux qu'il faut produire derrière.
Il y a une façon d'y arriver avec de l'organisation.
Et il y a l'humain qui est derrière aussi.
Combien de temps vous partez en stage ?
Trois mois, enfin douze semaines précisément.
Douze semaines, donc c'est la fin de la L3.
Et ensuite, vous rentrez en M1.
Paysage.
À la rentrée.
C'est une entreprise, c'est un laboratoire, c'est quoi votre... ?
C'est l'INRAE.
Donc vraiment un peu sur la recherche.
En même temps, je serai vraiment en tant que chargée d'études.
Mais en fait, ce sera presque orti un peu ce stage.
Mais ce qui m'intéresse à travers ça, c'est de mener une étude
qui aboutira à des connaissances plus approfondies sur la forêt,
qui est un écosystème que j'adore.
J'aimerais bien travailler, je pense, plus tard dans ce domaine.
Même si ça ne parle pas forcément de paysage, je suis vraiment contente de faire ce stage
parce que ça me permettra de découvrir un peu mieux l'INRAE
et puis d'expérimenter justement, de faire des expériences
et des recherches sur quelque chose dont j'aimerais mieux comprendre aussi le mécanisme.
Et je pense que justement le fait de discuter avec mon maître de stage
qui est en l'occurrence un des conférenciers d'Expo Flow,
je pense que ça, ça va être super parce qu'il a plein de connaissances.
Il m'a dit qu'on allait sans doute discuter de plein de choses, de mes résultats.
Et ça me passionne d'avance.
C'est comme si je revivais une conférence en particulier.
Qu'est-ce que vous allez éviter comme problème à l'avenir, au vu de l'expérience vécue ?
Qu'est-ce que je vais éviter de recommencer ?
Peut-être de m'enfermer dans une boucle où j'accumule un peu le stress.
Et du coup, il y a un peu le stress qui arrive et tout qui vient se greffer à ça.
Je vois d'autres problèmes.
À la fin, ça forme un énorme truc dont on arrive à peine à se débarrasser.
D'avoir plus de gratitude, en tout cas de voir plus le positif peut-être.
J'ai peut-être pas assez réfléchi à ça.
Je pense qu'en fait, j'ai peut-être un peu aussi vécu l'Expo Flow.
Et après, je n'ai pas trop essayé d'en ressortir quelque chose.
Ça suit son cours et forcément, ça a eu un impact sur moi.
À la fois, je serais contente de comprendre peut-être un peu mieux ce qui s'est passé.
Peut-être qu'il y a besoin de ça.
À la fois, ça vient assez spontanément aussi.
Ça se suit naturellement.
Est-ce que c'est quelque chose qui va t'apparaître dans votre CV, par exemple ?
L'Expo Flow, en fait, c'est assez marrant parce qu'il est vraiment dans une petite case en bas à gauche de mon CV.
Je dis juste que je fais partie de l'Expo Flow.
Mais après, oui, par exemple, sur LinkedIn, j'ai développé un peu ça.
J'ai fait des posts en disant ce que j'avais fait, l'émission que j'avais faite, ce que ça avait pu m'apporter.
Ça fait quand même partie de moi maintenant.
Et c'est vrai que rien que le fait de se dire, c'est plus moi la responsable des relations extérieures,
parce qu'il y a eu la passation, c'est plus moi la référence relation extérieure.
Donc ça, ça me fait bizarre quand même au début de se dire, c'était pas toute ma vie.
C'était une part de ma vie qui a eu son importance.
Comment ça se produit, une passation ?
On en parle déjà aux étudiants.
Donc les étudiants qui peuvent reprendre, ce sont que des premières et deuxièmes années.
Et puis après, ils viennent nous voir en nous posant des questions sur nos missions.
Une fois l'Expo passée, ils ont vu ce que c'était, donc ils se rendent un peu mieux compte.
Mais malgré tout, c'est important d'aller voir les chefs de secteur pour savoir concrètement
qu'est-ce que vous faites pendant deux ans.
Donc il y a ça.
Et après, nous, on choisit des repreneurs,
s'il y en a plus que deux, par exemple, pour les relations extérieures.
Et après, il y a une AG, une Assemblée Générale de Passation.
Tous les repreneurs se présentent aux étudiants.
Pour le bureau, c'est un peu différent parce que le bureau doit être élu par les étudiants.
En l'occurrence, bon, là, il n'y a que six personnes qui se sont présentées,
donc il n'y en avait pas plus.
Mais si, par exemple, il y avait huit personnes qui s'étaient présentées,
en fait, dans le bureau, il n'y a que six places.
Donc il faut faire un vote.
Et après, il y a un CA de Passation, Conseil d'administration de Passation,
où là, on est du coup les anciens du CA et les nouveaux du CA.
Et on leur explique un peu comment ça se passe, un CA.
Ils se représentent un peu en comité restreint.
Et puis après, on passe un moment ensemble pour discuter de façon informelle.
Moi, j'ai une petite question, c'est quoi les critères pour recruter les repreneurs ?
Pour qu'ils soient motivés déjà, qu'ils s'intéressent à ce qu'on fait.
La volonté de s'investir dans l'école aussi.
Moi, je sais qu'en tout cas, quand j'avais repris,
il y avait la volonté de faire une Expo Flow aussi belle,
voire plus belle que l'année précédente, de revivre ça,
de faire revivre ça des étudiants.
Et j'allais dire, le fait d'être timide, ce n'est pas forcément un point négatif.
Au contraire, parce qu'une personne timide peut être amenée à évoluer
avec ce secteur.
Malgré tout, c'est pas mal s'il y en a un des deux qui n'est pas timide.
On fait des événements extérieurs, donc on est amené à parler avec plein de gens.
Si les deux sont timides, c'est quand même difficile d'aller à la rencontre des autres
pour discuter, qu'ils s'entendent bien entre eux.
Enfin, que du coup, les deux, ça matche.
J'aime bien aussi le fait qu'il y ait un garçon et une fille.
Je trouve que c'est assez complémentaire et que ça marche bien.
Ça donne une dynamique un peu autre.
C'est ça que j'avais bien aimé avec Félix.
C'est quoi les compétences dans le cas de ce recrutement ?
D'être à l'écoute déjà des aspirations de ceux qui veulent reprendre,
pour ajuster un peu, peut-être, s'ils se projettent sur des choses
et qu'en fait, attention, non, c'est pas ça.
Essayer de pitcher un peu sur ce que c'est que le secteur relations extérieures.
Savoir bien expliquer.
Peut-être des qualités orales de savoir expliquer un projet, un métier.
Appelons ça un métier.
Et après, le fait d'avoir un peu l'œil sur qu'est-ce que je peux voir
en la personne qui postule, entre guillemets,
qui peut être intéressante, qui peut être pertinente.
Donc ouais, il y a des qualités de recrutement quand même.
Enfin, c'est un peu de la RH presque, j'allais dire.
C'est pas décisif.
Après, disons qu'on leur laisse le bébé et c'est eux qui gèrent, quoi.
Mais essayer de se dire, est-ce que je le vois bien quand même là-dedans ?
Peut-être des qualités de projection,
dans le sens où il faut quand même essayer de se projeter sur
est-ce que s'il avait été à ma place, ça l'aurait fait ?
Et ce qui me fait rire, d'ailleurs, c'est que dans les deux qu'on a recrutés,
qui sont Basile et Marie,
malgré tout, je me retrouve un peu avec Félix dans les deux.
Je pense qu'il y a un peu la même dynamique.
Du coup, je me dis que ça va le faire quand même, quoi.
Je souhaite vraiment aux futurs repreneurs d'avoir cette même curiosité,
cette même appétence pour organiser l'Expo Flow,
qu'ils arrivent à créer une super expo eux aussi,
et qu'ils en soient fiers, qu'ils grandissent aussi.
J'ai hâte de les voir grandir aussi, je pense, à travers le projet de l'Expo.
Nous laissons repartir Astrid dans sa vie,
entre stages, cours et Erasmus à venir.
Son parcours illustre bien plus qu'un mille ans,
mais également une transformation personnelle et professionnelle.
Après avoir porté et vécu cet événement pendant deux ans,
qu'est-ce qu'être ingénieur signifie-t-il pour elle ?
C'est vous qui nous écoutez.
En quoi ce propos fait-il écho à vos propres parcours,
qu'ils soient professionnels ou personnels ?
En attendant, rendez-vous dans un prochain épisode
où les parcours se façonnent et les esprits s'affûtent.