Puisqu'on se voit pour la première fois, je vais vous demander de vous présenter qui êtes-vous,
que faites-vous dans cette école en 2025-2026. Donc moi c'est Amélie Grange, je suis étudiante
en césure, césure entrepreneuriat. Je suis à l'institut agro, j'ai fini mon M1 en agronomie
et là je me spécialise en nutrition santé et donc l'année prochaine je repars pour un master
2 en nutrition santé qui est un double diplôme avec l'université de Rennes. Cette année donc je
fais une césure entrepreneuriat où je travaille sur un projet qui est à la fois un mélange de
mes passions et de mon parcours d'étudiante en nutrition santé. Donc je fais des vidéos de
recettes de cuisine en apportant des éléments scientifiques un peu vulgarisés destinés aux
étudiants, principalement des étudiants internationaux et je travaille sur un projet
parallèle qui est la création d'un livre de recettes illustré. C'est quoi vos passions ? La cuisine,
la nourriture, l'alimentation c'est une de mes plus grandes passions. La deuxième passion que
j'ai c'est tout ce qui est en lien avec le dessin, un peu l'art, c'est pour ça que je fais un livre
de recettes illustré par mes dessins. La troisième chose c'est la culture internationale, les cultures
étrangères, les langues étrangères. Donc c'est pour ça que je fais des plats aussi qui mélangent un
peu des plats typiques d'autres pays parce que ça me passionne ce côté un peu voyage, un peu
culture étrangère. Donc je dirais que c'est un mélange des trois. Pour moi une saison d'entrepreneuriat c'est
assez libre parce qu'on porte un projet qu'on s'est nous-mêmes fixé, qu'on construit nous-mêmes
et qui se construit tout au long de l'année. En fait ça bouge, c'est pas forcément fixe et continue
d'évoluer et en parallèle de ça on se forme directement à l'entrepreneuriat car on fait
partie d'un réseau qui s'appelle Pépite de Bretagne qui est un réseau d'étudiants entrepreneurs, ce qui
nous permet d'avoir un statut étudiant entrepreneur et donc on se fait accompagner par ce réseau
où on a un suivi mensuel avec des référents, des ateliers de mise en pratique. Ce qui est optionnel
mais que j'ai choisi de faire c'est le diplôme D2E qui est un diplôme donné par l'IGR à Rennes.
Donc on se forme tous les jeudis après-midi à des ateliers de mise en pratique pour faire avancer
notre projet, pour se former à des outils en fait pratiques qui peuvent s'appliquer à n'importe
quel projet entrepreneurial. Mais là le fait d'être accompagné ça permet d'aller plus en profondeur,
de se questionner. Aussi en étant avec d'autres personnes qui ont leur propre projet on se
questionne entre nous et c'est super enrichissant. Qu'est-ce qui fait que vous avez choisi cette
césure entrepreneuriat ? À vrai dire j'ai pas mal hésité pendant un petit moment entre césure
entrepreneuriat et césure libre où on peut faire vraiment ce qu'on veut, à condition d'avoir un
projet construit. Et en fait j'hésitais entre les deux parce que je savais que je voulais mener
un projet où j'étais libre et j'avais pas forcément envie d'avoir un cadre professionnel,
de stage etc. Mais j'avais quand même envie d'être accompagnée. C'est là où j'ai décidé de faire
césure entrepreneuriat, c'est que j'avais pas encore toutes les clés en main pour suivre mon
projet, c'était encore un peu flou. J'avais besoin d'un cadre, j'avais besoin d'outils, j'avais besoin
d'un accompagnement, d'un réseau. Je me suis dit si je fais une césure libre ça va être trop libre
et je vais être un peu perdue. Donc je garde un cadre, mais un cadre quand même plus souple et
plus libre que si je faisais un stage et ça me permet de faire un projet à 100% choisi où je
vois vraiment la césure comme aussi un moment pour se découvrir, apprendre sur soi. J'avais
envie de liberté mais en même temps qu'on m'apporte un peu des outils, une structure et que
ce soit valorisé en plus par un diplôme reconnu, le D2E. C'est un diplôme qui certifie qu'on a des
compétences liées à l'entrepreneuriat. J'ai toujours envisagé de faire de l'entrepreneuriat même
après l'école et je me disais ben là c'est l'occasion d'avoir une année un peu off pour
tester avant d'aller dans le grand bain et prendre trop de risques on va dire par la suite avec un
projet un peu plus ambitieux où il n'y avait pas cette pression de je dois je dois gagner ma vie
absolument à la fin de l'année et donc je me suis dit que j'allais apprendre des choses d'un point
de vue plus de compétences d'entrepreneuriat que je pourrais appliquer dans mes futurs projets et en
même temps en faisant ce projet j'en apprends plus sur moi-même qu'est-ce que j'aime, qu'est-ce que
j'aime pas, assimiler toutes les connaissances que j'ai apprises aussi l'année dernière et pouvoir
les mettre en application en fait, les partager. Quelle expérience passée vous ont servi aujourd'hui ?
Je dirais les premières qui me viennent en tête c'est mes expériences à l'étranger quand je suis
partie en Erasmus où là je suis partie six mois au Chili, ça ça a été vraiment une transformation
pour moi parce que j'ai découvert des cultures que je connaissais pas, l'Amérique latine en général
c'était inconnu pour moi, j'ai toujours baigné dans un milieu un peu anglophone depuis que j'étais
petite donc je connaissais rien mais justement je savais que c'était cette situation qui allait
me sortir un peu de ma zone de confort qui m'a beaucoup apporté de par aussi les rencontres que
j'ai pu faire et aussi mon stage que j'ai fait cet été. J'ai fait 7 semaines en tout en Thaïlande
pour mon stage flow donc en fait je pense que c'est cette confrontation à différentes cultures
vraiment différentes de la nôtre que ça m'a beaucoup apporté, que ça m'a permis de prendre du
recul un peu sur ma situation de vie et aussi ça nourrit ma passion pour les cultures étrangères
je pense. En fait ça transforme parce que c'est quand même une grosse étape de partir à l'autre
bout du monde seule, je pense qu'on a peur quand on part, on a beaucoup d'appréhension, on est loin
de notre famille, on connaît personne et je pense qu'on prend beaucoup confiance en soi c'est à dire
qu'à la fin on revient en France on se dit ok j'ai réussi à partir là bas toute seule et je me
suis débrouillée en fait même s'il y a eu des challenges, on les a surmonté, on a réussi à
faire son nid là bas, presque après on n'a plus envie de partir, on peut être fier de nous quand
on revient quand même parce que c'est pas facile, il y en a pas beaucoup qui osent le faire. À l'institut
à cours on nous impose un séjour à l'étranger, ce que je trouve vraiment bien, en fait si on nous
l'avait pas imposé je pense qu'il y en a plein qui l'auraient pas fait par eux-mêmes et puis après
bien sûr des compétences en espagnol. En quoi est-ce qu'elle est importante cette césure ? Pour
moi cette césure elle est importante pour moi, c'est un moment où on prend du temps pour soi et
on s'écoute, on choisit un projet qu'on construit de A à Z qui est vraiment personnel en fait, c'est
vraiment une année pour soi. Et je pense que c'est une opportunité qu'on n'a pas dix fois dans
notre vie en fait, parce qu'après quand on est dans le monde professionnel c'est difficile de se
prendre une année off, là je me suis dit c'est une vraie opportunité de faire une année de césure,
vraiment de coupure, on teste des choses, on voit ce qui nous plaît, ce qui nous plaît pas, donc pour
moi c'est important, c'est assez symbolique. De mettre un peu en pause le parcours scolaire
on va dire classique, un peu tracé, et de se dire bah là on met un peu entre parenthèses même si on
applique des connaissances, on se sert des connaissances apprises avant, c'est une année pour
soi quoi. Mais concrètement qu'est ce que vous avez commencé à mettre en place ? Ce que j'ai mis en
place c'est que j'ai lancé ma chaîne sur les réseaux sociaux, donc j'ai commencé à faire des vidéos
concrètement il y a un mois, donc ça c'est assez concret, pour l'instant une par semaine. Une autre
chose assez concrète c'est que je commence à faire mes illustrations pour mon livre, j'en ai
fait quelques unes, donc j'avance là dessus. Après le fait de faire partie officiellement d'un
réseau ou de prendre contact avec des gens, de commencer à faire les enquêtes terrain,
pour approfondir un petit peu son projet, approfondir sa cible etc. Identifier trois
compétences que vous aviez déjà sans forcément vous en rendre compte avant aujourd'hui ? C'est une
bonne question. Je pense que la communication, le côté un peu communication à l'oral, un
côté un peu pédagogique j'ai envie de dire, le fait de vulgariser des informations, je pense que
j'avais commencé déjà à le développer avant, mais je m'en rends d'autant plus compte aujourd'hui,
parce qu'en parallèle je donne aussi des cours particuliers de maths et de physique chimie.
Et en fait c'est vrai qu'on me l'a dit récemment, on m'a dit ah oui t'expliques bien. Et en fait quand
j'y pense je me dis que c'est quelque chose que j'ai développé dans les années précédentes. Je
pense à l'Institut Agro, toutes les fois où on a fait des projets, où on devait présenter notre
projet aux autres, l'expliquer aux autres, c'est une forme de vulgarisation quand même, parce qu'on
va pas toujours dans le détail de tout le projet. Donc je pense en fait c'est une compétence que
j'avais, mais que je développe cette année encore plus. Mais c'est vrai que je pense cette capacité
à m'exprimer à l'oral devant une ou plusieurs personnes, je pense que je l'avais déjà, mais je
la renforce cette année. L'anglais, oui l'anglais scientifique plutôt, mes vidéos sont en anglais.
J'ai toujours eu un bon niveau d'anglais, mais c'est vrai que là c'est plus appliqué à la sphère
scientifique. Donc je dirais, oui renforcer cette compétence en anglais, plus appliquer en sciences.
Et après, je sais pas si on peut dire que c'est une compétence, mais la cuisine. C'est vrai que ça
fait quelques années que je cuisine, donc j'ai progressé au fil de l'eau. Mais c'est vrai que là,
vu que je cuisine encore plus, je dirais que je renforce ça. Mais je l'avais déjà un peu avant,
que ça faisait quand même des années que je cuisinais. On se dit je vais développer des
nouvelles compétences, mais on enrichit aussi nos compétences déjà préexistantes en fait. Non,
non, juste on les développe encore plus. Quelles sont les habitudes ou les comportements que vous
pensez avoir remis en question ? Je pense que vu que le cadre scolaire a disparu, on ne m'impose
pas forcément une heure pour commencer ma journée. Personne ne m'impose un cadre précis au quotidien.
Il n'y a plus cette habitude d'aller en cours, et donc c'était à moi de me fixer un nouveau cadre
de vie en fait. Aujourd'hui c'est devenu naturel, parce que ça fait déjà trois mois quasiment que
c'est comme ça. Donc finalement il a fallu que je construise mes propres habitudes, mon propre
quotidien, mon propre emploi du temps en fait, pour faire quelque chose à la fin de mes journées
quand même. Et ça s'est mis en place assez vite, et je pense que pour le coup c'est le fait que j'ai
fait mon stage en Thaïlande juste avant, où j'étais dans un cadre très libre aussi pendant mon stage,
où on ne m'imposait pas d'emploi du temps non plus. Donc c'était pareil, je devais fixer moi-même
mes objectifs dans la journée. C'était comme un travail préalable. Ça m'a préparé en fait comment
je devais m'organiser cette année. Donc en fait la transition a été douce, mais c'était quand même
des habitudes à apprendre, que de se dire ok je commence à travailler à telle heure, je finis à
telle heure. Enfin je me fixais des objectifs. Ça c'est quelque chose que j'ai dû quand même
mettre un peu en place. Les objectifs, c'est moi qui vais dire si je les ai atteints ou pas, et que
ça va pas dépendre d'une note par exemple. Dans le cadre scolaire on a été assez habitués à ça,
et là il n'y a pas de note. Et donc c'est un peu moi qui me dis qu'est-ce qui fait que j'ai atteint
mon objectif, qu'est-ce qui fait que je ne l'ai pas atteint. C'est plus un état d'esprit je pense.
Quels sont vos objectifs à la fin de cette césure d'entrepreneuriat ? Est-ce que vous avez des
objectifs concrets que vous vous êtes fixés ? Il y a des objectifs concrets liés à mon projet,
le fait de par exemple publier une version numérique de mon livre à la fin de l'année,
juin-juillet. Ça c'est un objectif assez concret, mais après d'un point de vue personnel, je pense
que c'est peut-être moins mesurable. C'est plus en termes de ressenti je pense. J'ai envie de me
sentir à la fin de l'année avec un bagage en main, où je me sens capable et d'avoir assez
confiance en moi, où je me sens capable de après, si je veux démarrer un nouveau projet par la
suite, je vais me sentir capable vraiment de le faire, même si c'est un projet un peu plus
ambitieux, parce que j'ai d'autres projets un peu plus ambitieux par la suite. Et je pense que je
me voyais pas le lancer aujourd'hui, parce que je me suis dit c'est peut-être trop gros, et c'est
peut-être pas le bon moment. Mais à la fin de l'année j'aimerais bien me sentir avoir finalement
cette confiance en moi, de me dire ok j'ai quand même développé pas mal de compétences que je
pourrais appliquer dans mes autres projets. Finalement développer un peu cette confiance,
développer mes compétences sur l'entreprenariat que je pourrais appliquer par la suite. Des choses
plus concrètes pour mon projet, donc ma version numérique du livre, mes vidéos de recettes,
bien sûr il y a des objectifs un peu chiffrés en termes de, voilà, les nombres d'abonnés etc. Oui,
bah le diplôme, il y a aussi ça qui me permet de mesurer aussi si j'ai développé suffisamment
mes compétences comme je le voudrais. C'est pour ça que j'ai voulu faire le diplôme des deux œufs,
c'est que ça, ça certifie vraiment qu'on a des compétences, que ça permettra d'être un peu
objectif. Qu'est-ce qui fait qu'il y a si peu d'étudiants à s'engager sur une saison
entrepreneuriale ? Je pense que la première chose c'est que, je pense que dans beaucoup de
spécialités on nous encourage à faire des stages. Moi d'ailleurs je pense qu'on m'encourageait plutôt
à faire des stages en nutrition santé, parce que quand il y a des débouchés, il y a pas mal de
débouchés en recherche, et donc on nous conseille pas mal de faire des stages pour après avoir des
débouchés, avoir de l'expérience en laboratoire etc. Donc je pense qu'il y en a qui cherchent à
avoir cette expérience professionnelle. Peut-être l'autre raison... Peut-être que c'est encore un
peu flou pour eux, saison entrepreneuriale. Enfin moi j'ai dû vraiment poser beaucoup de questions
avant de voir concrètement qu'est-ce que c'est. J'ai dû poser des questions à des anciens qui
avaient fait ça, à mon référent, le référent de la saison entrepreneuriale Mustapha Eni. Peut-être
aussi que les gens ont des a priori par rapport à l'entreprenariat. Pendant notre parcours,
on avait eu des expériences d'entreprenariat, donc Créagro en L3 par exemple. Je pense que
certains n'ont pas aimé, donc tout de suite ils se sont dit bon saison entrepreneuriale c'est pas pour
moi. L'entreprenariat en général peut-être que c'est pas pour moi, de part basée sur des expériences
déjà vécues. Et d'autres je pense que ça leur... qui ont peut-être aimé cette expérience de par
exemple Créagro. Pourquoi est-ce qu'ils n'auraient pas fait saison entrepreneuriale ? Peut-être parce
qu'il y a un peu cette pression de... il faut avoir une idée de génie avant de se lancer dans cette
saisure. Il faut avoir la prochaine super idée de business. Et donc on se dit en fait j'ai pas
d'idées donc je vais pas me lancer. Et moi en fait avant de me lancer j'avais pas forcément une idée
très précise. Et encore aujourd'hui elle s'affine. C'est encore... pour moi je trouve qu'elle est...
c'est encore flou pour moi. Mais je pense que c'est pas nécessaire d'avoir une idée super précise
avant de se lancer. En fait ça change, ça s'affine au fur et à mesure. Et c'est pour ça qu'on se
forme. C'est pour ça qu'on fait le D2E. C'est justement pour affiner notre projet. Oui je pense
qu'il y a trop a priori sur la saisure entrepreneuriale et les personnes qui se mettent
trop de pression, qui osent pas trop se lancer. Grâce à aujourd'hui, demain, vous serez différente.
Décrivez vos changements. Donc là je dois me projeter dans le futur. Après ma saisure, comment
est-ce que je serai ? Je me pose beaucoup de questions. C'est vrai que j'en ai parlé à mes
professeurs en nutrition santé du fait que j'avais du mal à me projeter pendant mon stage de fin
d'études. Je savais pas. J'avais l'impression que c'était un petit peu... Il y avait le monde de la
recherche, que c'était la seule option et que j'avais du mal à me projeter dedans. Donc je me
posais pas mal de questions par rapport à ça. Et je pense que c'est aussi une des raisons pour
laquelle j'avais besoin un peu plus de creuser un peu le côté entrepreneurial. Mais je pense, grâce
aux discussions que j'ai eues justement avec mes professeurs par rapport à ça, que la M2 joue
vraiment comme un enrichissement de connaissances qui va nourrir en fait mon projet si je prévois
de le continuer. Je pense que je le continuerai par la suite. Donc ça peut enrichir le contenu de
mes vidéos par exemple. J'aurai d'autant plus de connaissances. Donc en fait ça va appuyer d'autant
plus mon projet. Ça va se creuser. Et le fait qu'une fois que j'aurai fini ma M2 aussi, le fait
d'avoir un diplôme, c'est sûr que ça appuie la légitimité après derrière. Et je pense que j'aborderai
mes cours de manière différente je pense. Parce que je me dirais par exemple, ok aujourd'hui on a
parlé de tel thème. On a parlé des lipides par exemple. Ah ça pourrait être intéressant. Je vois
un petit peu comment l'amener dans une vidéo par exemple. Ça je pense que c'est pas très bien
compris par le public. Ça c'est une information un peu compliquée. Mais je vois comment je pourrais
la simplifier un petit peu. Par exemple par une métaphore ou quelque chose comme ça. Donc je
pense que j'aborderai les cours un peu... Presque que je prendrai des notes sur le côté en disant
ah bah ça ça pourrait me servir pour telle vidéo. Je pense qu'il y a ça, cette approche. Un peu plus
regard critique, un peu plus regard de haut sur les cours. L'an dernier c'était 80 personnes à
partir en césure sur l'ensemble du cursus. Est-ce que vous auriez un conseil à dire à un étudiant
qui se poserait des questions sur partir en césure ou pas, et pourquoi pas une césure
entrepreneuriale ? Ah bah moi je dirais qu'il faut foncer. Moi vraiment je me suis dit c'est
une opportunité en or de nous proposer une césure. Sachant qu'à l'université c'est pas
vraiment encouragé comme ici. Ici ça va, c'est assez bien vu, c'est valorisé etc. Donc c'est
une opportunité qui va pas forcément se représenter en fait dans la vie. Après on est, j'ai envie de
dire, pris par la vie. Moi j'ai discuté avec des amis à moi qui voulaient pas faire césure parce
qu'ils voulaient finir au plus vite, aller dans le monde du travail au plus vite. Et je peux
comprendre, parce qu'on a aussi envie de gagner sa vie etc. Mais en même temps, est-ce que l'objectif
c'est de tout de suite travailler pour gagner sa vie ? Est-ce que c'est ça la finalité
dans sa vie de travailler ? Ma finalité, il n'y a pas qu'un objectif professionnel où j'ai
d'autres sphères dans ma vie qui sont toutes aussi importantes. Moi j'essaie d'équilibrer
tous les aspects. Je pense que mon objectif c'est finalement de trouver un équilibre de vie qui me
convient et où je me sens bien, je me sens heureuse. Et donc c'est pour ça que je suis pas aussi pressée
de tout de suite aller dans le monde du travail. Je me dis qu'il y a des choses en amont que c'est
bien de prendre le temps de faire. Par exemple prendre une césure pour apprendre, développer
des compétences, bien sûr des expériences professionnelles. Mais aussi en apprendre plus
pour soi, qu'on n'aura pas forcément ce temps-là dans le futur, qu'on n'a pas forcément le temps
de travailler sur un projet qui nous passionne. Quelque chose que je me répète souvent c'est que
j'agis pas mal afin de ne pas avoir de regrets à la fin de ma vie. Je me dis sur mon lit de mort
j'ai pas envie de regretter de ne pas avoir fait de césure, de ne pas avoir pris le temps de faire
ça. Et donc si je pense que je me projette un peu loin peut-être et je me dis ben j'ai pas envie
de regretter quoi donc c'est parti. Cette césure sera réellement une réussite si dans six mois. Je
pense que déjà ça sera réussi si j'ai réussi à prendre plaisir plus de la moitié du temps. Je pense
que déjà ça sera réussi parce que j'ai envie aussi de prendre une année où je prends plaisir au
quotidien en fait. Je pense que cette notion de prendre du temps pour soi, prendre plaisir en fait
à faire ce qu'on fait, si j'arrive à la majorité du temps réussir à être dans cet état d'esprit là
aussi, pour moi ça sera réussi mis à part tous les objectifs professionnels et personnels. Je pense
que c'est une année aussi un peu plaisir, il faut se l'avouer. C'est une année un peu plaisir où on fait
des choses qu'on aime. Hier j'ai passé ma journée à cuisiner, à filmer des recettes, c'était une
super journée pour moi. Et je me dis bon bien sûr il y a des jours où des fois on a des contraintes
mais si la majorité du temps on prend plaisir, pour moi ça sera réussi déjà.