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Je suis étudiante, donc ingénieure en paysage à l'Institut Agro-Rénanger Campus d'Angers, en troisième année actuellement.
Et à mes heures perdues, je suis vice-présidente de l'Expo Flow, de la 24e Expo Flow.
Donc, mon rôle au bureau, c'est de gérer des dossiers très transversaux,
donc c'est beaucoup de ressources humaines, de gestion de ressources humaines,
beaucoup d'organisation des réunions en général.
On est un peu le point central entre les différents secteurs aussi,
qui n'ont pas forcément le temps de voir certaines choses entre eux,
puisque tout est très catégorisé.
On a 17 secteurs, puisque l'Expo prend de l'ampleur,
donc on a besoin de se spécialiser de plus en plus.
Et le bureau sert un peu de point de raccord entre ces différents secteurs.
Aussi, juste de présence humaine pour les gens.
On gère des dossiers aussi de coordination avec la mairie d'Angers, par exemple,
qui nous aident à obtenir des prêts de matériel.
Plusieurs dizaines de milliers d'euros de matériel qui nous sont prêtés gratuitement par la mairie
au service du bâtiment, au service de la voirie, au service des ressources audiovisuelles.
C'est nous qui gérons ça.
On gère des choses comme les accès à l'école, les relations à l'administration aussi beaucoup.
On fait des réunions de coordination avec l'administration.
M. Vollet, Mme Gouart, M. Jantet, quand il a du temps pour nous aussi.
On fait l'intermédiaire entre les étudiants, nos chefs de secteur et l'administration.
Et certains prônt à l'extérieur, comme la mairie, par exemple.
En un mot, Annabelle, c'est quoi l'Expo Flow ?
J'ai un mot comme ça qui me vient, c'est émulation.
On a un amalgame de plein de gens hyper talentueux, hyper motivés,
qui ont plein de choses différentes mais qui ont une envie commune,
c'est vraiment de montrer leur passion pour le végétal et pour le bricolage, l'organisation au monde.
Parce qu'on est une école très soudée.
On est 400-500 étudiants, donc on vit vraiment beaucoup de choses ensemble.
On a un super campus, on y est tout le temps.
Et ça crée cette mini-communauté qu'on exploite,
enfin ce pouvoir communautaire qu'on exploite pour créer cet énorme événement
qui est quand même assez conséquent.
C'est tout un amalgame de savoirs, de motivations,
d'échanges entre des gens qui ont différentes choses à sa portée.
Il y en a qui sont beaucoup dans la préparation, l'organisation.
Il y en a qui sont très opérationnels.
Et de réussir à travailler conjointement avec ces différents types de personnalités
et mettre en avant aussi nos apprentissages d'ingénieurs.
Annabelle, vous parlez d'apprentissage, vous avez parlé d'énormément de missions.
J'aimerais que vous me disiez, Annabelle, vous, de votre point de vue,
quelles sont vos compétences transversales, techniques et ou comportementales
que vous mettez en avant dans le cadre de cette Expo Flow ?
De la diplomatie, beaucoup.
Parce qu'il y a des fois où il faut prendre des pincettes.
Quand il y a un projet qui ne fonctionne pas,
quand il y a des personnes qui sont persuadées de bien faire
mais qu'en fait ça freine d'autres personnes.
Quand on est freiné nous-mêmes pour faire nos missions par certains,
ce qui arrive parce qu'autant forcément il y a des petits couacs.
En parallèle, beaucoup de franchises aussi,
parce que des fois on a des choses pas forcément plaisantes à dire,
mais qui doivent être exprimées pour faire avancer le bateau.
Organisationnelle, prévisionnelle, réussir à anticiper un peu tout
et aussi réussir à se dire que c'est un peu comme le métier d'ingénieur.
On ne connaît rien sur tout et tout sur rien.
On est censé avoir une vision très globale
et sans être très technique dans quoi que ce soit au bureau.
Donc on est censé réussir à prendre cette place,
pas d'experts mais de regard extérieur.
Réussir à se mêler de tout sans non plus prendre le lit sur tout et n'importe quoi.
Parce que c'est pour ça qu'il y a une quarantaine de chefs de secteur.
C'est que chacun est spécialisé dans quelque chose
et nous on est là pour épauler et pour mixer le tout.
Quels sont les liens que vous pourriez faire entre votre formation,
ce que vous êtes en train d'apprendre, et cet expos flow ?
Déjà il y a toute l'idée de conception.
Là je parle en tant qu'ancienne susu, sous-unité super utile il y a deux ans.
J'étais dans une zone à décorer, donc on créait des plans masse,
une forme de chiffrage aussi des plantes et des matériaux.
On apprend des fois sur le tas à utiliser des outils
et à concevoir une zone qui ne pose pas de problème
en termes de sécurité pour les visiteurs et pour nous-mêmes,
qui tienne la route même esthétiquement aussi à la fois,
qui ait un vrai fond créatif et un vrai fond artistique
qu'on puisse expliquer aussi aux gens
et que ce ne soit pas juste 4 ou 5 plantes mises en tas
avec structure pour dire que regardez on sait construire,
non il y a des idées derrière.
Donc toute cette idée de travail de groupe aussi juste.
Dans notre formation d'ingénieur,
là moi je sors de deux ans et demi de prépa intégré,
où on a à la fois des matières très spécifiques au monde du végétal,
de la bio, de la physique, de la chimie, de l'hydro,
mais aussi à côté, et via ces matières,
on nous apprend à travailler en groupe,
des très gros groupes, des très petits groupes,
et au bout d'un moment on fait ça sans y réfléchir.
On arrive à composer avec différentes personnalités,
à réussir à faire en sorte que notre objectif commun
soit fini assez rapidement et sans trop de difficultés.
Il y a vraiment cette idée de réussir à faire du travail de groupe
le plus efficacement possible.
En quoi est-ce que ça projette dans un futur avenir professionnel ?
En tant que vice-présidente déjà,
ça projette d'entrer dans un engrenage,
d'être un bout d'engrenage dans un réseau énorme,
plein d'acteurs différents.
Juste de découvrir le monde du végétal,
parce qu'Angers, c'est une région où le monde du végétal est très présent,
donc découvrir un peu l'état actuel de la filière.
De voir aussi que tout se fait par contact.
Nous, en arrivant au bureau, on a créé un réseau énorme
avec des acteurs, avec des gens à la mairie,
avec des gens dans l'interprofession,
dans des associations autres que celles dans l'école.
Donc réussir à établir du contact un peu partout.
Et aussi, ça nous permet un peu de faire un crash test
sur ce qu'on aimerait faire plus tard,
parce que c'est vrai que le métier d'ingénieur,
ça peut nous amener à manager des équipes,
donc voir en quoi on est fort dans certains points
et pas dans d'autres.
Quelle est notre capacité en prise d'initiative ?
Un peu comme les stages, des fois, c'est des crash tests aussi.
Voir ce qu'on aime faire, ce qu'on aurait pu mieux faire aussi,
parce que c'est de la vie associative, donc on apprend.
Chaque expo, elle est faite par une nouvelle arrivée d'étudiants,
donc on s'améliore, on apprend des anciens,
mais on n'apprend pas forcément de nous-mêmes non plus sur l'OTA,
enfin, pour cette expo-là.
Donc, c'est des leçons qui nous serviront pour plus tard.
Qu'est-ce que vous pensez avoir appris de vous, Annabelle,
que vous ne soupçonniez pas ?
Je pense que ça m'a appris que, justement,
je pouvais composer avec des éléments.
Oui, à mesure qu'on n'avait pas besoin d'être expert en quelque chose
pour pouvoir apporter un regard constructif.
Ça m'a appris que je pouvais aider des gens
sans m'impliquer trop émotionnellement,
parce que ça, c'est un truc où je me fais beaucoup l'éponge émotionnelle,
et de réussir à pouvoir aider sans trop m'impliquer et perdre mes moyens,
c'était possible aussi quand il y avait un objectif derrière,
de faire la part des choses.
Ça m'a appris que j'avais envie de continuer dans ce genre de...
Pas de métier, du coup,
même si on fait beaucoup d'heures d'expo dans la semaine,
mais que c'est pas rémunéré.
Oui, que j'avais envie de continuer dans des métiers
où j'allais être amenée à travailler avec différents milieux,
différents acteurs,
à vraiment parler avec les gens pour faire avancer les choses.
Ça, c'est vraiment une envie que j'ai,
de plus tard travailler pour améliorer l'organisation générale.
C'est vraiment le gros tableau,
pas trop à la petite échelle du détail,
ce qui est aussi très important,
mais plutôt dans les institutions,
de réussir à faire bouger les choses par le haut, plus ou moins.
Ça correspondrait à quoi, comme métier ?
Ça correspondrait à...
Peut-être bosser dans des ministères,
peut-être bosser dans des associations qui regroupent plusieurs corps,
comme par exemple...
Moi, je suis en paysage,
donc je m'intéresse aux grands paysages.
Les grands paysages, on travaille avec les communes,
on travaille avec les parcs nationaux,
on travaille avec plein de corps de métiers différents.
Réussir un peu à être le médiateur entre ces différents groupes.