Dans cette deuxième saison d'Ingénieurs en Herbe Identité en Chantier, nous retrouvons
Charlotte, Lou et Léo qui rentrent de leur semestre d'études et ou de stage en Lémure.
Ils et elles reviennent à l'Institut Agro Rennes-Angers avec des premières impressions,
des joies, du stress. Chacun, chacune nous fait part de ce qui l'a fait mûrir,
grandir. Ils et elles reconnaissent avoir appris et acquis des compétences. Mais au-delà de ces
apprentissages, quels sont leurs envies, leurs enjeux et leurs projections personnelles et
professionnelles à venir ? Nous vous laissons découvrir leurs propos. Entre le moment où on
s'est parlé au souvenir, on s'est parlé en décembre. Et aujourd'hui, qu'est-ce qui s'est
passé ? Depuis la dernière fois, moi je crois que je me pose encore plus de questions sur ce que je
vais devenir plus tard parce que les gens disent des choses par rapport au SP, on a certains points
de vue sur nos spécialisations et moi ça me fait très très peur. Puis on se pose des questions,
on envisage des projets, la césure par exemple, là on en a parlé justement aujourd'hui et on a
les projets de césure à déposer le mois prochain. Ça me met un peu la pression parce que je ne sais
pas du tout ce que je veux faire. Je sais que j'en ai marre d'allonger mes études et là j'ai juste
envie de finir et d'être diplômée. Je pense que c'est ça qui a un petit peu changé. C'est stressant,
tout s'accélère très vite et moi j'ai du mal à me dire qu'en fait dans un an on est en stage de
fin d'études et on va être diplômé. Alors toi tu disais qu'au contraire t'as envie de finir vite.
Ça m'angoisse un petit peu parce que j'ai plein de projets pour le futur et c'est dur. J'ai toujours
eu du mal à quitter les choses, à partir. Se dire que l'an prochain on sera déjà dans cette
optique-là, c'est stressant. Lou, est-ce que vous avez quelque chose à ajouter par rapport à ce que
vous venez d'entendre ? À part un changement géographique, d'être revenu en France, il n'y a
pas eu réellement de changement. Après on a retrouvé nos amis sur le campus. Moi j'ai l'impression
que tout est plus joyeux avec ses amis. Comment se passe ce retour à l'école ? Pour moi il y a du
stress en tout cas pendant les cours et de la joie en dehors des cours. Pour moi il y a de la joie
parce que je retrouve des gens qui m'étaient très chers et desquels j'étais séparée physiquement.
Et même si aujourd'hui on a des moyens de communiquer, quand on est très loin ça reste
quand même moins facile de coordonner les emplois du temps. Ça m'a fait me dire quand même que je
voulais miser beaucoup plus sur les relations qui me sont chères et essayer de prioriser mes
relations qui sont chères, donc mes amis que je me suis fait qui sont aussi très proches. Donc
moi j'ai cette joie-là et on peut tous se retrouver, organiser des soirées ensemble, ça c'est génial.
On sent bien qu'il y a la joie au travers des amitiés. Est-ce qu'il y a d'autres endroits de
joie ? Le fait de se rendre compte qu'on revient à l'école avec des nouvelles capacités, de
nouvelles compétences, même pas forcément académiques, pas forcément des connaissances
par rapport aux matières qu'on a, aux modules, c'est juste des compétences sociales, relationnelles,
linguistiques. Je trouve que j'ai appris à me débrouiller un peu toute seule et forcer un peu
le contact social des fois. Par exemple, on se retrouve tout seul dans un cours de sport, c'est
ce qui m'est arrivé pendant mon stage, où je ne connais personne, personne ne parle ma langue,
je ne parle pas leur langue parce qu'ils ne parlent pas anglais, et devoir forcer un peu le contact
social, ça aide beaucoup avec les nouvelles têtes, les nouvelles trois qui sont là. Je trouve que
là, c'est beaucoup plus facile d'aller à vendredi jour. Oui, c'est vrai. Moi, je suis globalement
content d'être revenu, notamment, surtout pour les cours qui sont très intéressants. Et puis,
c'est quand même un peu un nouveau chapitre personnellement qui s'ouvre, puisque je commence
plein de choses vis-à-vis de mon projet professionnel futur, qui n'est pas en lien avec
l'agro. Ça, c'est une nouveauté, on a eu un peu l'occasion d'en parler. Et donc, je commence à
travailler là-dessus, à préparer le concours que je passerai en septembre prochain. Et parallèlement
à ça, je commence les cours de pilotage. Déjà, je me suis inscrit à l'aéroport, à l'aéroclub,
ce samedi dernier. Et donc, je suis très content de pouvoir initier ça et m'engager dans cette voie,
qui est toujours ce que j'ai voulu faire. Comment vous vous retrouvez dans vos spécialités,
justement ? Est-ce que ça répond à ce à quoi vous vous attendez ? Moi, j'adore mes cours. Je suis
super contente de pouvoir étudier l'écologie de manière beaucoup plus approfondie. Et aussi,
on a un certain point de vue plus dans les mathématiques, et ça, c'est quelque chose que
j'adore. Et je suis super contente de faire ça. Mais comme je le disais précédemment, en fait,
ça m'a soulevé encore plus de questions, parce que je suis dans une SP qui est dite une SP de
recherche, pour faire la recherche plus tard. Et en fait, je me suis rendu compte pendant mon stage
que finalement, la recherche, c'était peut-être pas ce que je voudrais faire, mais plutôt avoir
un métier qui est plus dans le social et plus dans la communication. Voilà, je me pose beaucoup
de questions. Mais après, je sais que l'avantage de l'agro, c'est qu'on devient un peu ce qu'on
veut. L'ASPE va pas tout déterminer, donc ça va. Et moi, je suis très contente d'avoir intégré la
spécialité, du coup, à l'éthique, du point de vue du contenu. Ça suit bien, en fait, les modules
que j'ai pu avoir en Irlande. Donc ça, je suis très contente. Là, dans le cadre de la conduite de
projet, il y a plusieurs projets sur les invertébrés marins, alors je suis très contente. Mais voilà,
donc c'est du point de vue du contenu, vraiment, de la spécialité, je suis contente. Après, du coup,
j'ai pas vraiment de lien. J'arrive pas trop à aller vers les autres étudiants dans ma spécialité,
donc je me retrouve un petit peu seule, du coup. Et il y a beaucoup de stress aussi qui fait que j'ai
du mal à m'ouvrir, en fait, pendant les cours. Donc heureusement que je peux retrouver mes amis
en dehors, et mon chien. Qu'est-ce qu'a pu produire ce S7 sur vous ? Moi, je me sens plus professionnelle,
plus j'étais imprégnée du milieu professionnel, et j'ai travaillé dans une équipe, et j'ai appris,
et je pense que c'était aussi ma plus grande claque pendant ce stage. Autant c'est un truc
positif qu'un truc négatif, où j'ai vraiment appris à me construire dans une équipe et à
établir des liens professionnels. Et je pense que je reviens en ayant des compétences quand même
sociales dans une équipe qui sont plus développées. Et voilà, en termes de communication, je trouve
qu'il y a quelque chose qui s'est passé. Alors moi, c'est tout le contraire. Donc ça n'a apporté
aucune expérience professionnelle, puisque j'étais en semestre d'études. Pas de capacité de
communication, mais par contre, de l'amélioration en anglais. Ça, c'est une grande satisfaction,
m'être améliorée en anglais, surtout en compréhension orale. Et aussi, ça m'a apporté
aussi des intérêts qui sont quand même très spécifiques, les invertébrés marins. Si j'étais
pas partie en S7, du coup, en Irlande, et si j'avais pas pris ce module-là sur les invertébrés,
j'aurais peut-être passé à côté. Donc il y a quand même une satisfaction dans ça, et aussi dans
d'autres choses qui sont complètement inattendues. En fait, c'est peut-être l'inattendu aussi qui
crée la satisfaction d'avoir évolué. Et du coup, pour moi, c'est la musique. J'ai progressé en
musique. C'est trop bien. Moi, ça a produit plusieurs choses. D'abord, des compétences
effectivement en communication, puisque dans des langues étrangères, ils parlent mal anglais,
je parle mal italien. Donc c'était pas toujours facile. Notamment, il y a eu plusieurs moments,
j'en parlais en décembre déjà, mais presque de tension avec ma maître de stage qui ne voulait
pas me donner les données auxquelles j'avais besoin pour réaliser mon rapport. Et ça s'est
très bien passé au final. En discutant, en prenant le temps, voilà, en faisant du relationnel
presque, il n'y a eu finalement qu'un problème. Et elle m'a donné tout ce dont j'avais besoin,
sans même que j'aie à la redemander à la fin. Bref, donc là-dessus, c'est vrai que c'est
quelque chose auquel on n'est pas vraiment confronté, puisque souvent, on nous donne tout
ce dont on a besoin, toutes les ressources, elles sont accessibles. Là, ici, il fallait presque
aller négocier avec quelqu'un qui est quand même un supérieur, enfin, hiérarchique au sein du stage,
et c'est bien. L'autre chose avec laquelle je repars de ce stage S7, c'est vraiment donc
complètement avoir chamboulé mes ambitions professionnelles plus tard, et être revenu
à ce que je voulais faire initialement dans ma vie. Et ça, c'est grâce au stage S7,
d'une certaine manière, parce que du coup, moi, c'était le pilote de ligne, c'était mon rêve
premier dans ma vie. Je ne l'ai pas fait pour plusieurs raisons, et c'est un pilote, justement,
en allant au stage S7, j'ai discuté avec lui, qui m'a engueulé. Il m'a dit en fait,
tu es en train de me dire que c'est ton rêve depuis toujours, et que là, tu es parti dans
un truc, ok, que tu aimes bien, mais qui n'est pas ça, et que tu ne veux même pas tester de
réaliser ton rêve, tu t'en voudras toute ta vie si tu ne le fais pas. Je crois qu'il a raison,
en fait. Et là où je me sentais incapable de passer le concours des cadets d'Air France,
là, j'ai commencé à le préparer, et j'ai vu qu'en fait, on pouvait progresser, et je le remercie,
d'une certaine manière. Et là, gros, il y est pour beaucoup, parce que je pense que jamais,
jamais, je me serais dit que je l'allais le faire si je n'étais pas rentré dans le stage S7.
Vous retenez quoi de cette expérience ?
Je pense que le plus important, c'est exactement ça, ne pas avoir peur de se lancer dans des choses
qu'on a peur de regretter. Parce que je pense qu'on aura plus peur de regretter quelque chose
qu'on n'a pas fait. Par exemple, pendant mon stage, j'ai eu l'occasion d'avoir une semaine
où je travaillais par une semaine de pause, une semaine de congé. Et j'ai décidé, sur un coup
tête, vu que je n'étais pas trop loin physiquement de la Grèce, j'ai décidé de prendre le bus toute
seule, d'aller à Athènes. Et en fait, déjà, j'étais dans le bus, parce que j'avais 24 heures
de bus quand même. Finalement, c'était comme revenir en France, parce que j'étais en Bulgarie,
je précise. J'ai fait trois jours toute seule, j'étais dans un hôtel toute seule, et je me suis
fait des amis comme ça. Vraiment, j'étais dans une auberge de jeunesse, je suis sortie au bar et
en boîte avec des gens que je ne connaissais pas, mais c'était toujours très safe, il n'y a eu aucun
problème là-dedans. Donc je pense que c'est ça que je vais retenir le plus de mon stage, parce que je
pense que je ne regretterai jamais d'avoir fait cette expérience-là. Pareil, je suis partie à
Istanbul aussi, et c'est pareil, j'ai rencontré des gens, mais c'était incroyable. J'ai découvert
la générosité des gens qui est incroyable, et la culture aussi. C'est ça que je vais le plus
retenir de mon stage. Il y a deux choses. Il y a ça, le fait d'oser faire les choses, et aussi de
rester ouvert d'esprit. Parce que moi j'étais en Bulgarie, donc c'est un pays des Balkans, qui est
sur la mer Noire, qui est pas loin de la Russie. Et donc là-bas, ils ont un alphabet qui est tout à
fait différent, une culture qui est complètement différente. Et c'est ça qui m'a plu, et j'en
avais parlé dans le dernier épisode, c'est que découvrir un pays qui est sous les radars,
dont personne ne parle, alors qu'il y a des instabilités politiques qui sont un peu
complexes, avec l'influence de Poutine par exemple, c'est des gens auxquels on ne pense pas.
C'est super dommage. Ça c'est quelque chose qui m'a transcendée.
Qu'est-ce que vous retenez d'expérience vécue ? Je rappelle la question.
Moi ce que je retiens, c'est la fierté. Je l'ai fait, parce que moi j'appréhendais un petit peu,
c'est vrai, de partir 6 mois dans un autre pays. Alors c'est pas à l'autre bout du monde,
c'est le même alphabet, mais c'était pas facile. Et j'étais très content de la façon
dont ça s'est passé. Le côté autonomie à acquérir, qu'on a vu que j'avais déjà,
c'est une expérience vraiment inoubliable à ce niveau-là. Et franchement, s'il fallait repartir
un semestre à l'étranger, moi je le ferais avec grand plaisir, pas au même endroit,
mais je le referais. En fait, je ne sais pas si je le referais, mais ce côté s'insérer dans une
équipe, dans un projet qui quand même prend 2-3 ans pour mon cas, et d'être là 6 mois,
mais y contribuer quand même, c'était très enrichissant. Et j'ai appris des choses toutes
bêtes, des choses en laboratoire qu'on ne faisait pas de mon T.P., des petits trucs sur le
fonctionnement d'un projet qui prend 3 ans, parce que c'est une chose de faire un projet pendant
3 semaines en T.P. ou de le faire pendant 3 ans. C'est très différent. Que ce soit sur la
conservation des échantillons, comme ce n'est jamais les mêmes stagiaires, il faut que les
gens sachent comment s'organiser. Donc plein de trucs comme ça, auxquels on ne pense pas,
mais qui sont importants dans notre métier, que je n'aurais jamais pu apprendre dans une école en
fait. Donc il est utile rien que pour ça, pour développer des compétences qu'on ne peut pas
développer en école. Je suis contente d'avoir fait un semestre d'études, parce que ça m'a permis
aussi d'avoir du temps pour découvrir l'Irlande. Et du coup, je retiens toutes les excursions,
tous les paysages et juste les lieux qu'on a vus en fait. Parce qu'on allait beaucoup sur le
littoral, du coup sur les plages. On travaillait finalement, parce qu'on cherchait les invertébrés
et tout, alors qu'on était en week-end. Ce que je retiens quand même, c'est la passion et
l'engagement des profs que j'ai eus à l'université à Cork. Moi, ça m'a beaucoup motivée. Et je
trouvais que la pédagogie là-bas en Irlande, elle était super. Donc je suis très contente
d'avoir choisi l'Irlande pour à la fois les enseignements et pour le pays, pour les lieux
en fait. Et aussi pour la culture musicale, mais aussi les gens qui sont très sympas.
Ce que je disais dans mon podcast précédent, c'est que les gens étaient très ouverts,
ils étaient souriants, ils parlaient facilement, ils engageaient la conversation. Ce qui n'est pas
le cas en France en fait. Je retiens un petit peu tout. Pourquoi ça construit une telle expérience ?
Ça construit des nouveaux adultes. Moi, je trouve que je me sens plus adulte. Après,
je pense que je me sentirais vraiment adulte le jour où je paierais mes premiers impôts. Mais
en l'occurrence, je vois ce que ça commence à représenter. Les responsabilités, le fait
d'avoir un travail à rendre qui est complet. Personne, en tout cas dans mon cas, personne
était derrière moi à regarder tous les jours ce que je faisais. C'était à moi d'engager le
contact et d'aller voir mes tuteurs, d'aller voir mes managers à mon centre pour leur demander des
conseils. C'était à moi de chercher mes ressources. Je me sentis très indépendante et ça,
ça m'a beaucoup plu. Ça construit, au-delà de tout ce que j'ai dit, moi j'ai eu la chance de
partir avec mon amoureuse, ma copine. Ça, ça a construit aussi sur le plan de la relation. Ça,
c'était un gros gap qu'on va faire parce que finalement, on ne se connaissait pas depuis si
longtemps. Partir 6 mois avec une personne, c'est quelque chose d'important. Ça a construit aussi
sur ce point de vue-là. On en ressent vraiment grandi concrètement. Nous, le premier appartement
dans lequel on était, on avait des gars des eaux le deuxième jour, des cafards. On s'est tout de
suite mis dans le bain. On ne parle pas bien la langue. Surtout en Sicile, ils parlent très peu
anglais. Donc, on se met à parler italien. Et encore, on parlait un petit peu italien,
mais pas de bol. Ils ont un accent très, très prononcé. Donc, ce n'était pas facile tous les
jours. On en ressort avec de la confiance en nous, vraiment sur le plan relationnel. C'est ça,
être capable de se débrouiller dans un pays étranger sur des tâches qu'on ne connaît pas
parce que moi, je ne connaissais pas grand-chose à ce que je faisais. Pas des microplastiques,
ce que je n'avais jamais fait. Et la confiance qu'on peut nous donner aussi, c'est enrichissant.
Ma maître de stage, elle m'a fait confiance. Quand elle est partie un mois au Japon,
enfin trois semaines au Japon pour son coloc, elle m'a laissé faire les trucs tout seul. J'étais tout
seul dans mon équipe. Je me suis débrouillé et elle était contente du résultat. C'est enrichissant.
Finalement, en y réfléchissant, de mon côté, ça a construit beaucoup de confiance en moi. C'était
inattendu. Indirectement, ça a construit aussi professionnellement parce que quand on se construit
professionnellement, c'est bien d'avoir la confiance en soi aussi. Avant, je ne m'imaginais
pas trop. Je ne me disais pas que dans quelques années, j'allais être ingénieure ou chercheuse.
Et finalement, là maintenant, je me sens plus prête. J'ai l'impression que ça construit,
ça donne des compétences. Il y a un autre élément de réponse. Je trouve que ça construit,
ça déconstruit. Ça m'a aidé à vraiment remettre en question le projet et les idées que je me faisais
de mon futur projet professionnel. Ça m'a permis vraiment de remettre en question mes idées. Et
pour ça, c'était très intéressant. Est-ce que vous êtes capable de me donner une chose nouvelle
que vous avez apprise ? L'italien, clairement. Je parle plus italien. Et puis encore une fois,
s'occuper de soi, vraiment d'être tout seul, c'est quelque chose que moi, je le négligeais
presque. Être presque seul avec soi-même dans un pays qu'on ne connaît pas, ça force à penser à
soi. Moi, j'ai tendance parfois à fuir un peu ce qui se passe dans ma tête, pour le meilleur et pour
le pire. Mais surtout, ça force à être plus centré sur soi et pas à se dire je sors avec mes amis
ce soir ou je vais au cinéma ou je vais avec ma famille. Là, je ne vais pas avec ma famille,
je ne vais pas avec mes amis. Sinon, une chose que j'ai apprise, c'est qu'il est toujours possible
de s'en sortir. C'est qu'on s'en sort toujours, en fait, si on le veut et si on trouve la ressource
en soi. C'est une chose que j'ai apprise un petit peu plus abstraite, mais du coup, on s'en sort
toujours. Parce que quand on est tout seul dans un pays où on n'a pas ses amis, où on n'a pas sa
famille, où on parle mal la langue, même si moi, j'étais dans un pays anglophone, mais je ne parle
pas très bien l'anglais, on s'en sort toujours. Parce que je le vois, le temps a passé. Du coup,
après, je suis revenue en France et tout s'est bien passé. Finalement, la chose qui m'est le
plus apparue, c'est chérir les relations que j'ai aujourd'hui. Avant de partir en stage, pour moi,
c'était, je me disais, c'est bon, je pars à l'étranger, je pars super loin, il n'y a pas de
souci. Depuis que j'étais toute petite, je me disais que je travaillerais à l'étranger, je m'en
fichais d'être loin de ma famille et qu'on se verrait à Noël. Et en fait, je me suis rendue
compte, mon stage m'a permis de me rendre compte que non, pour moi, c'est hyper important de
préserver mon entourage. Je pense que dans toute ma vie en général, c'est eux qui vont me suivre,
ma famille, mes amis, ces personnes-là seront toujours là. Pour moi, c'est vraiment la chose
la plus importante. Est-ce que vous allez avoir des engagements autres que scolaires cette année,
ou est-ce que vous allez faire autre chose ? Je me suis engagée auprès d'une jeune femme qui
travaille dans une écurie, qui a construit sa propre écurie, et je vais m'occuper de ses
chevaux. Voilà. Du coup, ça me fait super plaisir et ça va me donner un peu de responsabilité et
les chevaux me permettent de beaucoup m'évader et de faire descendre la pression. Pour ça,
ça me fait super plaisir d'avoir cette responsabilité et ce rendez-vous hebdomadaire.
Moi, je vais moins m'engager du coup. Enfin, l'année dernière, j'étais très engagée sur le campus,
dans les clubs et entre autres aussi. Je pense que je vais plus m'engager déjà pour moi-même,
plus en dehors aussi du campus, voilà, parce que la vie, c'est pas le campus. Enfin,
même si c'est bien de faire la vie sur le campus, la vie, c'est pas le campus. Et donc,
m'engager avec ma chienne peut-être pour faire des projets plus dans le social. Pourquoi pas en
EHPAD ou si j'arrive à lui faire passer les certifications.
Moi, j'ai finalement décidé de me présenter au conseil d'administration, ce que je n'aurais
pas pensé faire. Mais bon, finalement, ça s'est fait. J'ai quitté la CEVE pour aller en OCA et
donc ça, j'ai été très bien. Cette année, j'ai décidé de prendre un peu de temps et faire moins
de choses en fait. J'aimerais bien faire plus de sport. Et par contre, du coup, je commence
les cours de pilotage bientôt. Charlotte, Lou et Léo repartent dans leur pré-spécialisation
avec enthousiasme. Quelques échéances les attendent, notamment la conduite de projets
innovants, des projets de SPES et surtout des projets personnels et professionnels. Mais où
en seront-ils dans quelques mois entre recherche et enseignement, médiation animale, cours de
pilotage, préparation de concours ? Et vous qui nous écoutez, en quoi ce propos fait-il écho avec
vos propres parcours, qu'ils soient professionnels ou personnels ? En attendant, rendez-vous dans
notre prochain épisode où les parcours se façonnent et les esprits s'affûtent.